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Flashback : Révélations, de Michael Mann


© Touchstone Pictures

Pour son retour derrière la caméra après le succès de Heat (1995), Michael Mann délaisse les figures de gangsters et puise son inspiration dans les thrillers paranoïaques des années 70 (Conversation Secrète, Les Hommes du président, À cause d’un assassinat). Tiré d’une histoire vraie*, Révélations relate l’enquête menée par Lowell Bergman (Al Pacino), journaliste pour le magazine d’investigation 60 minutes de la chaîne CBS, sur les mensonges colportés par la société de production de cigarettes Brown & Williamson. Pour alimenter son dossier, il compte sur l’aide de Jeffrey Wigand (Russell Crowe), ex-directeur de la recherche de l’entreprise, écrasé par le poids du secret.


Fidèle à ses thématiques, Mann rejoue avec brio la carte de la fausse dualité de son tandem principal. Le premier en figure de la vérité, l’autre travaillant pour un géant de la dissimulation. Évidemment, la frontière qui sépare les deux se brouille rapidement pour converger vers une lutte commune d’intégrité en dépit de tout désir de confort financier, matériel et familial. Un récit classique de prime abord, que le réalisateur et son scénariste Eric Roth (Forrest Gump, Munich) densifient à travers le soin apporté à l’écriture de leurs personnages et le basculement sous forme de miroir qui s’opère à mi-parcours, dans lequel Bergman prend aussi la position d’insider face aux pressions qu’il subit en interne au sein de la chaîne de télévision.


Un travail sublimé par la mise en scène de Michael Mann dont la tension atteint des sommets. Tentative de pression sur un terrain de golf, échanges passifs-agressifs dans les bureaux de la firme de tabac évoquant une organisation quasi-mafieuse, et bien d’autres scènes encore témoignent de sa gestion exemplaire de l’espace et des champs-contrechamps, qui joue constamment avec le concept même de révélation. Une maîtrise déconcertante qui balance la démarche anti-spectaculaire et réaliste d’un film trop peu cité dans la filmographie de son auteur, mais qui en constitue peut-être son vrai chef-d'œuvre.


* Pour éviter tout problème de confidentialité, Mann acquit les droits de la nouvelle The Man Who Knew Too Much de la journaliste Marie Brenner, paru dans Vanity Fair en 1996.


RÉALISÉ PAR : MICHAEL MANN

AVEC : RUSSELL CROWE, AL PACINO, CHRISTOPHER PLUMMER, DIANE VENORA

PAYS : ÉTATS-UNIS

DURÉE : 157 MINUTES



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