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Cannes : La Troisième Nuit, Daniel Auteuil rend hommage aux résistants de l’ombre

Daniel Auteuil dans La Troisième Nuit.
La Troisième Nuit © SND

Pour son nouveau film en tant que réalisateur (et acteur), Daniel Auteuil s’empare d’un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale : le sauvetage dissimulé d’une centaine d’enfants juifs sous l’Occupation. Et on peut dire qu’il réussit son coup haut la main : sans jamais tomber dans quoi que ce soit de spectaculaire ou des effets appuyés, il parvient à installer une tension palpable à travers une histoire vraie, où le destin d'êtres humains se joue à pile ou face.


Août 1942. Alors que le régime de Vichy organise une vaste rafle de Juifs étrangers, Gilbert Lesage (Antoine Reinartz), jeune fonctionnaire pris dans les rouages d’un État complice, se retrouve à la tête d’une commission chargée de décider du sort des personnes arrêtées. Face à lui, l’abbé Alexandre Glasberg (Daniel Auteuil) tente par tous les moyens de sauver des familles promises à la déportation. Entre tractations administratives et réseaux clandestins, les deux hommes vont peu à peu s’allier pour enrayer une mécanique impitoyable.


Daniel Auteuil dans La Troisième Nuit.
La Troisième Nuit © SND

Ce qui bouleverse d'emblée dans ce film ancré dans l'histoire, c'est sa capacité à faire émerger l'humanité au sein même de l'horreur. Derrière la froideur administrative et le regard implacable de Grégory Gadebois, glaçant en chef de police, Daniel Auteuil dépeint des hommes et des femmes tiraillés entre la peur, l'instinct de survie et le devoir moral — sans jamais montrer frontalement les atrocités des camps, qu'on devine pourtant à travers les yeux de ces résistants de l'ombre. Un parti-pris de mise en scène qui révèle aussi combien quelques gestes, en apparence anodins, peuvent se transformer en actes de résistance immenses.


Sans jamais forcer le parallèle avec notre époque, le cinéaste fait ainsi résonner son récit avec des questions très contemporaines : la montée des injustices, l’aveuglement politique, ou encore la responsabilité individuelle face à un système oppressif. Un film d’espoir, et de mémoire, qui nous rappelle avec force que la liberté et la dignité ne devraient jamais être négociables.


Avec Antoine Reinartz, Daniel Auteuil, Luàna Bajrami. France, 92 minutes.

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