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Offscreen : Junk World, descente au cœur d’un empire mutant complètement déjanté

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

La semaine passée marquait le coup d’envoi du Offscreen Film Festival, un festival de films bruxellois pas comme les autres qui propose une sélection de films sortant des sentiers battus. Parmi eux, Junk World, un film d’animation en stop-motion de l’animateur autodidacte Takahide Hori qui inspire par ses prouesses techniques et son humour décalé.


Junk World de Takahide Hori
Junk World de Takahide Hori © Offscreen Festival

Le film s’ouvre sur un plan dans le désert où l’on observe un robot en piteux état. Des créatures semblables à des félins s'approchent de lui, curieuses. Une voix mécanique inquiétante s’élève alors de la carcasse robotique, s’auto-proclamant comme leur dieu.  L’esthétique et l’ambiance nous rappellent fortement le sombre Mad God (2021) et l’univers intense de Mad Max Fury Road (2015) : le film est porteur de la même folie furieuse, notamment dans sa réalisation technique ambitieuse derrière laquelle se trouve une toute petite équipe de 6 animateur·ices. Le travail ingénieux sur les personnages est également à saluer, que ce soit le design grotesque des créatures peuplant la ville en ruines de Carp Bar ou la caractérisation des différents personnages qui arrivent à nous faire rire aux éclats ou à nous attendrir malgré leurs expressions figées. 


Junk World de Takahide Hori
Junk World de Takahide Hori © Offscreen Festival

Ce qui pourrait le faire sortir du lot n’est donc pas son minutieux world-building, mais sa narration et le ton employé. Malgré un début cryptique, on embarque assez vite dans une expédition souterraine au rythme décoiffant en compagnie d’une commandante humaine, un robot protecteur, un Mulligan (clone à l’apparence humaine) et un duo d'énergumènes à la ramasse. Au fur et à mesure, on découvre que chaque détail a son importance, même ceux qu’on pensait être là seulement pour leur aspect comique. Les retournements de situation très “nekketsu-coded” [NDLR : le nekketsu est un procédé narratif principalement utilisé dans les mangas où le protagoniste accomplit un voyage initiatique aidé par de nombreux compagnons] ne nous font pas quitter l’écran des yeux une seconde malgré les 1h45 de film. Une œuvre de science-fiction dystopique délirante et un chef d'œuvre en stop-motion à découvrir absolument.


Avec les voix de Takahide Hori, Ikuya Idota, Atsuko Miyake, Yuji Sugiyama, Matsuoka Zoshi. 104 minutes, Japon, 2025.


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