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Rencontre avec Yuki Igarashi, réalisateur de L’héroïne au ruban, l’anime que vous avez raté cet été

15 sept.
3 min de lecture

Sorti discrètement sur Netflix début août, l’Héroïne au ruban est le premier long métrage des studios OUTLINE, dont les amateurs d’anime ont pu apprécier le travail sur Frieren, Mononoke: The Movie, ou encore Look Back. Présenté hors compétition à Annecy, nous avons pu rencontrer son réalisateur Yuki Igarashi. L’occasion d’en découvrir plus sur le processus de fabrication d’un long métrage d’animation japonais, et sur la remise au goût du jour de cette oeuvre méconnue du créateur d’Astroboy.



Pour Igarashi, l’animation a commencé très jeune. “Si je dois remonter dans mes souvenirs, il y a deux productions qui m’ont marqué. D’une part, la série Neon Genesis Evangelion, et de l’autre, Princesse Mononoké d’Hayao Miyazaki”, se remémore l’artiste. Mais c’est en découvrant le moins connu Eureka Seven en 2005 que Igarashi, alors à l’école secondaire, a véritablement décidé de son choix de carrière. 


Un peu plus de vingt ans après, une longue carrière d’animateur, et deux épisodes TV en tant que réalisateur, Igarashi signe son premier long métrage, adaptation du manga Princesse Saphir signé Ozamu Tezuka. 

Dans L’héroïne au ruban, cette princesse se transforme en chevalière lorsque le Nergal, monstre dantesque surgi de la Mer de Cendres, ravage le royaume de Silverland où elle vivait jusqu’alors paisiblement. Forcée à l’exil, Sapphire se réfugie au Goldland voisin, et fera tout pour éviter à son pays d’adoption de subir le même sort. 


 The Ribbon Hero ©Netflix
The Ribbon Hero ©Netflix

“Faire un long métrage d’animation fut, en ce qui me concerne, extrêmement difficile,” confie Igarashi. “Dès le début, il faut avoir une vision à très long terme sur le projet et comprendre tous les challenges qui vont se poser, tout en gardant à l'œil la deadline de production. Petit à petit, l’ensemble se construit grâce aux équipes, mais les défis sont nombreux.”


Et le premier, pas des moindres: gérer une équipe énorme. Avec plusieurs centaines de personnes sous sa responsabilité, le plus grand défi pour Igarashi a été de réussir à communiquer sa vision de manière constante et régulière, avec l’ensemble des équipes. Une vision artistique qui lui a été insufflée par un voyage… en Europe, et plus précisément à Prague. “J’y ai découvert son château, la ville et la rivière qui l’entourait, et ces décors ont été d’une grande aide pour donner vie à l’univers de Goldland.” 


Mais au-delà de ces grands espaces, ce sont les personnages et leur intimité qui ont le plus touché le réalisateur. “Lorsque Sapphire et Pine discutent au sommet de cette colline qui domine la ville, c’est un moment de calme et de questionnement qui capture pour moi toute la beauté des amitiés naissantes de l’adolescence. À chaque fois que j’y repense, je ressens beaucoup d’émotion vis à vis de cette scène.” 


The Ribbon Hero ©Netflix
The Ribbon Hero ©Netflix

Et c’est avec tout autant d’émotion que l’artiste partage son amour pour l’animation elle-même. “Il y a une citation célèbre de Mamoru Hosoda [réalisateur de Les Enfants Loups, Belle, Scarlet, NDLR] qui dit: toutes les images, tous les films convergeront un jour vers l’animation. Et je pense que c’est ce qui se passe aujourd’hui. Que ce soit dans les blockbusters américains où la moitié des images sont de l’animation ou dans les productions indépendantes qui utilisent également les VFX pour tricher avec la réalité, l’animation est partout dans l’audiovisuel. Pour moi, l’animation, c’est tout cela et bien plus encore.”


L’héroïne au ruban est disponible en Belgique sur Netflix.

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