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Trois questions à Ann Sirot et Raphaël Balboni, nommés aux Magritte 2024



Fin août, nous rencontrions Ann Sirot et Raphaël Balboni pour la sortie du Syndrome des amours passées. Nommés aux Magritte dans 8 catégories, nous vous proposons de revenir sur trois questions (ou plus) abordées avec ces cinéastes surprenants.

Interview réalisée par Adrien Corbeel


[...] Votre méthode, de film en film, repose beaucoup sur les répétitions et l'improvisation Comment mettez-vous ça en place ?


Raphaël : On fait improviser nos comédiens dans les décors, à partir d'un séquencier plutôt que d'un scénario. On monte ces rushes, et selon ce qui a fonctionné ou n'a pas fonctionné, on réécrit le séquencier d'une autre manière, et on répète à nouveau. On travaille toutes les scènes du film comme ça. Il y a peut-être des scènes qui étaient bien jouées par les comédiens, mais nous...nous on était pas bien. Petit à petit, au fur et à mesure, on travaille les décors, on place la caméra de mieux en mieux, ce qui nous semble le meilleur endroit. Parfois on refait une scène juste pour tester un autre découpage.


Votre approche vous permet de dégager un vrai réalisme des interactions entre vos personnages.


Ann : Je pense que lorsqu'on tourne, nos comédiens sont fort préparés. Ils ont beaucoup de pratique de leur rôle, de façon régulière. Et aussi, on n'utilise pas de textes. Ils revivent la scène mais pas forcément avec les mêmes phrases, la même façon de parler. Ça nous permet de toujours les mettre au présent. Ils ne savent pas par quel autre virage l'acteur en face va passer, et ça les oblige à être très attentif, très au présent de ce qui se passe. S'il y a quelque chose qu'ils n'ont pas compris, ils vont demander à l'autre de le répéter. Tout ça, ça donne un côté vraisemblable au parler. Ils disent « Quoi ?» et ça c'est quelque chose qu'on fait nous tout le temps dans la vraie vie. Dans un dialogue que tu écris pour le cinéma, tu vas t'épargner ce genre d'hésitations. Mais dans ce film-ci, cela leur arrive parfois de demander à quelqu'un de répéter quelque chose jusqu'à trois fois.


Est-ce que donner autant de place à l'improvisation, c'est aussi renoncer au contrôle que vous avez sur le film ?

Ann : En fait, on a beaucoup de contrôle. La seule vraie improvisation se trouve dans les dialogues. Mais on a tout tellement répété, refilmé, réécrit, qu'on contrôle beaucoup ce qu'on fait. Pour pouvoir improviser, tout le reste doit être beaucoup préparé, cadré. Peut-être même plus qu'un film sans impro.

Raphaël : Moi je n'ai jamais eu la sensation que les acteurs ne disaient pas ce qu'il fallait, que ça ne prenait pas la bonne direction qu'on voulait.


[...]


Pour découvrir l'interview complète, rendez-vous ici.





Du 9 février au 9 mars, Surimpressions s'associe aux Magritte du Cinéma pour mettre en avant le cinéma belge dans toute sa diversité. Retrouvez sur surimpressions.be des articles exclusifs ainsi que des critiques et interviews autour des films nommés. Rendez-vous le 9 mars sur La Trois et sur Auvio pour suivre la cérémonie en direct.



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