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Flashback : Ghost Dog : La Voie du samouraï de Jim Jarmusch


© Lumière

Mutique et minutieux. Poétique et vaporeux. Le Ghost Dog nous apparaît dans ce film de 1999 comme une créature légendaire, sorte d’”Aniota” ou homme-léopard, ces tueurs aux traits félins qui hantent encore la culture congolaise. Entièrement vêtu de vêtements sombres, cet assassin évoque aussi les légendes britanniques et la figure du chien noir, fantomatique symbole d’une mort imminente. La parfaite métaphore pour ce personnage de tueur à gages, magnifiquement porté par Forest Whitaker, dont la présence n’augure rien de bon pour ses cibles.

Évoluant dans les entrailles d’une mégalopole quelconque aux États-Unis, le Ghost Dog est le vassal de Louie, un mafieux qui lui a sauvé la vie et auquel il a prêté allégeance. À la manière d’un chien fidèle. Il élimine dans l’ombre les noms que lui fournissent ses employeurs, jusqu’à ce qu’il rate une mission et qu’il devienne gênant. À la manière d’un esprit frappeur.


Un esprit d’autant plus fabuleux, que le protagoniste imaginé par le scénariste et réalisateur américain Jim Jarmusch, dans son septième long-métrage, est très spirituel. Déclamant régulièrement des passages du livre Hagakure de Yamamoto Tsunetomo, guide des samouraï datant de 1716, ce qui donne au film sa structure de compile de rap mise en musique par RZA, le Ghost Dog est respectueux des préceptes du Bushido. Et le voici au carrefour des cultures, entre chambara, hip-hop et western moderne. Entre Akira Kurosawa et son film Rashōmon, Le Samouraï de Jean-Pierre Melville, et les films néo-noirs des années 60. Entre le film de gangster, le drame et le burlesque.


Mais loin de partir dans tous les sens, le film poétique de Jim Jarmusch réalise la synthèse parfaite entre toutes ces influences, ces cultures qu’il fait cohabiter au sein du personnage de Forest Whitaker, qui signe peut-être là son meilleur rôle. Une harmonie parfaitement illustrée par la relation qu’il entretient avec “son meilleur ami”, Raymond, avec lequel ils se comprennent d’instinct sans pour autant parler la même langue.


RÉALISÉ PAR : JIM JARMUSCH

AVEC : FOREST WHITAKER, JOHN TORMEY, RZA

PAYS : ÉTATS-UNIS

DURÉE : 116 MINUTES

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