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Critique : Sabotage de Daniel Goldhaber

Dernière mise à jour : 19 août 2023

Tic-tac tic-tac

© The Searchers

Et si, face à l’urgence climatique, des activistes décidaient de passer à la vitesse supérieure… en sabotant les infrastructures pétrolières ? Sabotage de Daniel Goldhaber a ceci d’enthousiasmant qu’il affronte un problème global et contemporain ; la politique-fiction qu’il explore n’est en effet pas si lointaine. Ses poseurs et poseuses de bombe forment un melting-pot : militants chevronnés, jeunes en deuil, punks en perdition, redneck armé… S’il jongle avec les stéréotypes c’est pour mieux renvoyer le public à l’évidence : ça pourrait aussi être vous !


Petit film indépendant, tourné avec les moyens du bord, il rappelle un certain cinéma militant américain des années 1970-80, notamment le Punishment Park (1971) de Peter Watkins. Mais là où celui-ci développait à la fois un propos et une forme radicale, le long-métrage de Goldhaber préfère une narration proche des codes de la série. Vrai thriller, il décrit de manière méthodique la réalisation du plan : faire sauter un pipeline dans l’État du Texas. Régulièrement, son récit s’interrompt par un cliffhanger et un flash-back montrant comment les différents membres de l’équipe se sont joints à l’aventure. Cette structure, quoiqu’un peu trop artificielle, a le mérite de rendre le visionnage fluide et haletant.


Basé sur Comment saboter un pipeline du géographe Andreas Malm, Sabotage est un film politique mais aussi militant. Sans simplifier les ambiguïtés morales (et légales) du sabotage, il choisit très clairement son camp, et cela ne manquera pas de faire réagir. On le sait depuis longtemps, le cinéma est politique ; mais il peut aussi tirer la sonnette d’alarme (il n’est pas le premier). Et quand cela même n’est plus suffisant, tirer un coup de feu en l’air.


RÉALISÉ PAR : DANIEL GOLDHABER

AVEC : ARIELA BARER, KRISTINE FROSETH, LUKAS GAGE, FORREST GOODLUCK

PAYS : ÉTATS-UNIS

DURÉE : 104 MINUTES

DATE DE SORTIE : 16 AOÛT


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