top of page

Critique : Un Amour de cochon, de Mascha Halberstad

De l'art ou du cochon


© O'Brother

Lorsqu’on évoque le cinéma d’animation, on pense avant tout aux univers de Pixar, aux chansons de Disney ou aux productions de DreamWorks Animation. C’est oublier que l’animation est un genre aussi vivace que protéiforme et qu’énormément de films évoluent en marge des grands studios, proposant des esthétiques et des identités souvent plus singulières. Coproduction belgo-néerlandaise et premier long-métrage de la réalisatrice Mascha Halberstad, Un Amour de cochon se révèle être une alternative charmante et familiale aux sempiternelles propositions d’animation américaines.


L’intrigue est simple : alors qu’il a disparu depuis vingt-cinq ans, le grand-père de Babs réapparaît soudainement au domicile familial et offre à sa petite fille un petit cochon. Alors qu’elle s’attache rapidement à l’animal, il s’avère que le retour du vieil homme est loin d'être désintéressé. Il compte bien se servir du cochon pour gagner la centième édition d’un fameux concours de saucisses…


Pour donner corps à son histoire, Mascha Halberstad a choisi d’opter pour la technique du stop-motion - aussi appelée animation en volume. Contrairement à l’animation en image de synthèses (Toy Story) ou à l’animation en 2D (Blanche-Neige et les Sept Nains), le stop-motion repose sur de véritables marionnettes qu’il va falloir déplacer image-par-image pour donner l’illusion d’un mouvement dans un décor lui aussi bien tangible. S’il s’agit d’un travail long et méticuleux, le résultat donne une impression de matérialité impossible à atteindre avec les autres techniques. Dans Un Amour de cochon, le stop-motion permet de rendre tangible les poils hirsutes des animaux, la texture humide de la viande hachée ou encore la terre friable du potager. Grâce à lui, des marionnettes à l’allure grotesque s’animent et deviennent des personnages touchants et drôles.


Le tout est mis au service d’une intrigue très classique mais qui a le mérite d’aborder frontalement la question du végétarisme, de l'élevage intensif et des dangers de la consommation de viande. Évidemment, Un Amour de cochon n’est pas un pamphlet et les différentes péripéties sont accompagnées d’un humour visuel efficace qui ravira les plus jeunes et arrachera quelques sourires aux adultes. De quoi passer un agréable moment en famille et faire un premier pas vers cette animation inventive trop souvent méconnue du grand public.




RÉALISÉ PAR : MASCHA HALBERSTAD

AVEC : HIBA GHAFRY, LOES LUCA, KEES PRINS

PAYS : PAYS-BAS, BELGIQUE

DURÉE : 72 MINUTES

SORTIE : LE 22 FÉVRIER

Comments


bottom of page