Hair, Paper, Water : Transmettre un héritage en voie de disparition
- Darika Peou
- il y a 26 minutes
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Pour ce 5ème jour de festival, En Ville ! met en avant une minorité ethnique vietnamienne dont la langue, le Rục, est en voie de disparition. Retour sur le film Hair, Paper, Water, une collaboration entre le réalisateur belge Nicolas Graux et le réalisateur vietnamien Trúong Minh Qúy.

Trời tôi (Nuit), Lùa (Feu), Nước (Eau), Hang (Grotte) sont les premiers mots rục qu’on entend et qu’on voit à l’écran. Prononcés avec un certain rythme, ils nous rappellent les mots de vocabulaire qu’on nous faisait répéter étant enfant, pour la prononciation et la mémoire. Ce motif sonore ponctuera notre visionnage tout en résonnant avec les plans filmés en pellicule 16mm. Les réalisateurs nous plonge dans le quotidien de Cao Thị Hậu, une vieille femme qui a toujours vécu entourée de forêts, de grottes et de cours d’eau.
En apprenant que sa fille avait accouché, elle décide de se rendre à Saigon pour la première fois. Ce voyage constitue une rupture assez brutale contrastant avec le calme de son environnement habituel. Elle retourne ensuite dans son village accompagnée de ses petits-enfants pour leur transmettre les rudiments de la langue rục, toutes sortes de gestes du quotidien et d’histoires qu’elle a hérité de ses ancêtres.

Hair, paper, water est un film documentaire contemplatif dont l’esthétique expérimentale se concentre sur les sens et les textures. Il nous dresse le portrait touchant d’une relation entre une grand-mère et ses petits-enfants, la transmission orale d’un héritage fragile et nous offre de fait, un aperçu poétique de la culture vietnamienne.
Avec Cao Thị Hậu, Cao Xuân Doanh, Cao Thị Hiêu, Cao Thị Bát
71 minutes, Belgique, France, Vietnam, 2025.



