Black Panther : Wakanda Forever | L’Histoire en surimpression(s)


© Walt Disney Company

“Maman, où en est son battement de cœur?”

Black Panther, au même titre que son regretté interprète Chadwick Boseman, n’est plus. Une introduction aux accents d’hommages, autant du studio à son acteur que des protagonistes à leur être cher. Et déjà, avant même que le récit ne débute, le progrès est là. Car dans Black Panther 2 : Wakanda Forever, on ne peut s’empêcher d’être ébahi par ce qui se déroule sous nos yeux, tant il est rare de découvrir de telles images dans la fiction américaine. Prenant le contrepoint des enterrements sombres et pluvieux auxquels Hollywood nous a habitué, Ryan Coogler nous transporte dans une cérémonie dansante, recouverte d’un blanc immaculé à la symbolique tout aussi puissante. En une quinzaine de minutes à peine, le cinéaste réaffirme l’importance de Black Panther dans l’univers Marvel, quatre ans après un premier pavé retentissant et grandiose jeté dans la mare caucasienne des super-héros du MCU.


Depuis, d’autres sont bien sûr venus ajouter leur pierre à l’édifice, à l’instar de Shang-Chi, ou la toute récente et délectable série Ms Marvel. Mais, après quatre ans, la force de ce premier film reste intacte, de même que l’empathie développée pour des protagonistes attachantes et, disons-le, badass. C’est grâce à elles, de la princesse Shuri à la générale Okoye, en passant par l’espionne Nakia et la reine Ramonda, que ce deuxième opus nous tient en haleine. Sa narration n’ayant quant à elle qu’un intérêt moyen, tandis que sa durée - 2h41 tout de même - n’est pas à son avantage. Mais la complicité de ces actrices à l’écran fait plaisir à voir, avec des séquences qui vous tireront plus d’un sourire. Des passages bien plus marquants que les séquences de combat, tristement plates et surlissées au CGI.


Si l’on apprécie Black Panther : Wakanda Forever, ce sera bien plus pour la profondeur de son propos que pour le spectacle de ses climaxes, un peu trop anecdotiques. Car entre les lignes de la rencontre, puis de l’affrontement de deux civilisations, Wakanda et Talokan, Coogler tisse des réflexions multiples sur la vengeance. Celles des héroïnes et des champions,, mais aussi celle, sous-jacente, de l’Histoire. Des nappes de récit qui se chevauchent autant dans les traits d’humour que dans les discours éloquents des protagonistes. Le tout, dans un univers tout aussi riche que celui du précédent film, où la technologie et la force ont changé de camp.