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Berlinale : Michelle Yeoh, “Je ne lâche pas mon Ours d'or !“

Trois ans après avoir gagné l’Oscar de la meilleure actrice, Michelle Yeoh poursuit son parcours doré : elle a reçu ce jeudi soir, lors de la cérémonie d'ouverture de la Berlinale, l'Ours d'Or d'honneur, récompensant l'ensemble de sa carrière.


@ Richard Hubner
@ Richard Hubner

« Je ne lâche pas mon Ours d'or ! Il reste près de moi », plaisante-t-elle en conférence de presse. À l'occasion de son passage à Berlin, où sera projeté Everything Everywhere All at Once, elle s'est penché sur carrière : ses temps forts, mais aussi ses difficultés qu'elle a traversé, en particulier la transition compliquée vers Hollywood.  


Née en Malaisie, l'actrice a d'abord connu le succès à Hong-Kong dans les années 80, devenant une des superstar de cette industrie cinématographique follement vivante. Enchaînant les films de kung-fu et les comédies policières, elle s'impose comme « la reine de l'action », en réalisant notamment ses propres cascades. « Quand j'ai débuté, j'étais plus téméraire, comme vous pouvez le voir dans mes premiers films d'action, comme Supercop ou mon tout premier film Yes, Madam ! (Le Sens du devoir 2 en français, ndlr)», raconte-t-elle. « Je crois sincèrement que pour faire les choses, il faut affronter ses peurs. Mais parfois le corps ne vous écoute pas (rires). J'ai eu de la chance, je n'ai pas eu de graves blessures, si ce n'est bien plus tard, ce qui m'a permis d'avoir un beau parcours. »


@ Chen Man
@ Chen Man

C'est avec la franchise James Bond qu'elle fait son entrée à Hollywood, dans Demain ne meurt jamais, aux côtés de Pierce Brosnan : à défaut de pouvoir y réaliser ses propres cascades, elle participe à toutes les scènes de combat, dévoilant ses talents à l'international. Mais son expérience de l’Amérique se révèle loin d'être simple. « Quand je suis arrivé à Hollywood, les rôles qu'on m'a proposé étaient très stéréotypés, une fille chinoise à Chinatown, etc. Et à chaque fois qu'un visage asiatique apparaissait, en tant que docteur ou journaliste ou infirmière, il fallait le justifier. Comment suis-je devenu une minorité, me suis-je demandé ? Nous sommes nombreux·ses ! L'industrie était conditionnée à voir les gens d'une certaine façon. Et si je ne dis rien, c'est comme si j'allais dans leur sens, que j'approuve leur manière de me voir. J'ai dû apprendre à dire non. Je ne veux pas vous offenser, mais je dois vous expliquer pourquoi. Nous ne sommes pas que ça. »


C'est avec fierté qu'elle revient, plusieurs fois pendant la conférence de presse, sur Crazy Rich Asians, comédie romantique américaine sortie en 2018, dont le casting est entièrement asiatique, et qui marque un nouveau départ dans sa carrière. « Mais ça continue d'être une lutte. Ces problèmes ne disparaissent pas du jour au lendemain. ». Depuis, Michelle Yeoh a notamment tourné pour l'écurie Marvel (Shang-Chi), dans la comédie musicale Wicked, le whodunit Mystère à Venise, et surtout dans Everything Everywhere All at Once de Daniel Kwan et Daniel Scheinert.


@ A24
@ A24

« Je serai toujours reconnaissante à mes deux Daniels, mes deux petits génies, d'avoir été aussi audacieux et courageux. Quand j'ai lu le scénario, je me suis dit 'ces gars sont soit des génies, soit des fous dingues'. Mais on ne s'est jamais éloignés de ce scénario. Ils sont restés fidèles à ce qu'ils avaient écrit, et ce qu'ils voulaient tourner. C'était une expérience folle et sauvage, mais je n'y aurai renoncé pour rien au monde ».


Quid de la suite ? Pourrait-on voir Michelle Yeoh dans un film européen ? « Ces dernières années, j'ai beaucoup travaillé dans des films hollywoodiens...mais tourné en Europe ! J'espère que les cinéastes d'Europe vont penser à moi. Après l'accueil d'hier, je ne doute pas de l'amour qu'on a pour moi ici ! J'étais très émue. ».

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