Sinners : Le film de vampires aux 16 nominations aux Oscars
- Camille Wernaers
- 23 janv.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 24 janv.

Chaque année, en janvier, tombent les nominations pour les Oscars, qui sont toujours très commentées. 2026 ne fait pas exception, notamment avec l’inclassable Sinners de Ryan Coogler qui vient de créer la surprise en raflant pas moins de 16 nominations, dont celle du meilleur film et du meilleur réalisateur. C’est plus que l’un des autres grands favoris de la cérémonie cette année, Une Bataille après l'autre de Paul Thomas Anderson, qui obtient 13 nominations, mais il s’agit aussi d’un record historique dans l’histoire du cinéma puisque Sinners dépasse le nombre de nominations obtenues par Titanic (1997, 14 nominations).
Parmi tout ce qu’elle a pu voir l’année dernière, la rédaction de Surimpressions l’avait choisi pour faire partie des 10 meilleurs films de 2025. Après avoir réalisé Black Panther (2018) et sa suite, Ryan Coogler réalise avec Sinners son premier film d’horreur, dont il a également écrit le scénario, en puisant dans les blessures et les traumatismes de la ségrégation et l’esclavage subis par les Afro-américain·es dans le Sud des Etats-Unis. C’est là qu’il plante son décor, avec les jumeaux Smoke et Stack, tous deux joués par Michael B. Jordan qui parvient à leur donner à chacun une identité propre (et qui est nommé, évidemment, pour l’Oscar du meilleur acteur), alors qu’ils reviennent dans les années 1930 dans leur ville natale pour ouvrir un club de blues réservé aux Afro-américain·es.

La première heure du film est entièrement consacrée à installer les personnages et les relations entre eux et elles, alors qu’ils recrutent différentes personnes pour la soirée d’ouverture, dont leur cousin Sammie, musicien prodige de blues. Ce n’est pas un hasard si Ryan Coogler prend ce temps-là : c’est ici tout un groupe, une communauté de personnes, qui va tenter de résister aux menaces, celles du Ku Klux Klan qui traine dans les parages, mais aussi celles de plusieurs vampires, attiré·es par la musique de Sammie et qui débarquent dans la seconde moitié du film. C’est que, dans Sinners, les vampires ne sont pas seulement des créatures sadiques qui veulent se nourrir de sang, ils servent d’allégorie à l’appropriation culturelle, d’où l’accent mis sur la musique blues, qui fait partie de l’histoire des communautés afro-américaines, mais qui est aussi à la base d’autres genres musicaux à travers le temps (ce qui donne d’ailleurs lieu à une scène magnifique lorsque Sammie joue).
A l’heure de l’Amérique de Donald Trump, Ryan Coogler utilise l’horreur pour critiquer le racisme et rappeler l’importance de l’apport des différentes communautés immigrées dans le pays.
Et Sinners n’a pas fini de faire parler de lui : sa directrice de la photographie Autumn Durald Arkapaw est elle aussi entrée dans l’histoire, en devenue la première femme à tourner en Imax 65 mm et Ultra Panavision pour le film, et en étant la première femme racisée nominée pour l'Oscar de la meilleure photographie. Qu’on se rassure : le cinéma de genre a encore beaucoup de choses à nous raconter (et la longue scène post-générique aussi !)



