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No Other Choice : Le film le plus grinçant de Park Chan-wook


Avec No Other Choice, Park Chan-wook prouve qu’il est toujours un des grands réalisateurs sud-coréens. Au-delà de ses multiples péripéties, dont le déroulement est toujours délicieusement imprévisible, il exalte surtout la liberté d’une réalisation affranchie et aérienne. Le cinéaste ne se refuse rien, pour le plus grand plaisir de son public.


© Cinéart
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Le film alterne entre des phases plutôt sages mais très soignées, où le cadre est construit pour capter des actions complexes à l’avant et à l’arrière-plan, et des moments beaucoup plus stylisés. Les zooms côtoient les inserts et les envolées musicales, parfois ingénieusement intra-diégétiques ; les transitions en surimpression ou en volet croisent des montages alternés ou des discussions pendant lesquels des personnages éloignés se retrouvent magiquement sur le même plan. Ce n’est pas tant cette profusion de grammaire cinématographique qui impressionne que le sentiment d’unité et de cohérence qui se dégage de tout du film. Dès la première scène, tournée pour faire ressortir une impression de paradis (vraiment ?), avec un traitement particulier de la lumière, on comprend que le dialogue avec le long-métrage va se faire sur plusieurs niveaux et qu’on ne manquera jamais de nourriture visuelle.


© Cinéart
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Le jeu des acteurs doit également être souligné. C’est évidemment le cas de Lee Byung-hun, qui interprète le personnage principal, mais également de plusieurs acteur·ices, typiquement les jeux outrés mais savoureux de Lee Sung-min et Yeom Hye-ran. L’écriture de tous les personnages, même les plus secondaires, est développée et rien n’est gratuit. On peut regretter un traitement du féminin parfois trop instrumental et une vision bestialisée des rapports de couple – un défaut assez commun chez Park Chan-wook.


Virtuose mais généreux, drolatique mais terriblement politique, No Other Choice affirme que le cinéma doit être à la fois un terrain de jeu, formel et scénaristique, et en même temps proposer une lecture sociale et politique tranchante. Divertissant et sérieux, c’est un film social aux antipodes de nombreuses productions francophones misant sur le réalisme documentaire... Il vise pourtant tout aussi bien les travers de notre société et ne laisse aucune ambiguïté à son public : si vous avez ri, c’est aussi un peu de vos propres malheurs, actuels ou à venir.



Avec Lee Byung-hee, Son Ye-jin, Park Hee-soon. Corée du Sud, 139 minutes.


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