Amadeus : Une version restaurée du chef-d'oeuvre de Miloš Forman à découvrir sur LaCinetek
- Quentin Moyon

- il y a 16 heures
- 2 min de lecture
Avant son retour dans les salles belges, redécouvrez le chef-d’œuvre de Miloš Forman, Oscar du Meilleur Film 1984, dans une version restaurée sur LaCinetek.

Si Mozart possédait l’oreille absolue, Miloš Forman a, à n’en pas douter, l’œil absolu. Une vision aiguisée, à même de débusquer la vérité cachée derrière l’harmonie d’une symphonie. Inspiré de la pièce de théâtre de Peter Shaffer, Amadeus est à milles lieux des biopics contemporains formatés. S’il est est un récit de vie, ce n’est qu’en surface, préférant jouer entre les lignes, la partition d'un massacre. Le massacre d'une âme, celle de Salieri, déchiquetée par la perfection d'une musique, celle de Mozart.
Dès l'ouverture, Forman nous donne à voir les tréfonds de la folie de Salieri, sanguinolente et hystérique. Puis, après le sang, les confidences. Le musicien, jadis réputé mais depuis tombé en désuétude, par le biais d’une confession – à un homme d’Église autant qu’au spectateur – nous guide, en tant que narrateur, dans les méandres mortifères de ses propres souvenirs. Le film met en exergue deux trajectoires qui se croisent : celle du maître de Vienne, en chute libre, face à un Amadeus (aimé de Dieu en latin) en pleine ascension.

Pour incarner le truculent Mozart, finalement second couteau dans ce drame qui porte son nom, Tom Hulce livre une partition brillante en être maladroit, impulsif et un brin puéril, loin de l’aura de pur génie. De son côté, F. Murray Abraham fait le subtil portrait d’un homme qui, faute de pouvoir atteindre le soleil, choisit d’éteindre la lumière. A travers lui, Forman explore l’idée de la limitation, de l'impuissance : si Salieri maîtrise la structure, l'harmonie, la théorie musicale, il lui manque le souffle, la grâce.
Les décors de Prague aux dorures omniprésentes et aux reflets magnifiés par la lumière des bougies ne servent pas uniquement d’arrière-plans au drame qui se joue entre eux. Ils amplifient, par leur propre démesure, celles de ces prodiges, de ce combat de titans. Pour autant l’éclairage de Miroslav Ondříček, souvent naturel, nous rappelle que derrière ces figures sacrées se cachent des hommes : sous le fard la sueur, derrière le velours l’abrasivité de la Cour.
Loin de la légende et de l’effervescence des grands opéras, Amadeus demeure cette œuvre viscérale et moderne qui nous rappelle que l’art n’est pas qu’une question de mérite, mais un privilège arbitraire (bien souvent socio-économique), et le talent une construction sociale aux conséquences pourtant bien réelles.

Un film à découvrir à la carte sur LaCinetek.
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