BIFFF 2026 : Wedding Nightmare 2, un film d'ouverture réussi ?
- Julien Del Percio

- il y a 5 heures
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Cache-cache, pacte faustien et jeu de massacre : tel était le programme du premier Wedding Nightmare, petite comédie horrifique qui figurait parmi les bonnes surprises du genre en 2019. Depuis, les cinéastes Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett ont réalisé Scream 5 et 6 (de triste mémoire) et le sympathique Abigail, qui reprenait le décor du manoir à la Agatha Christie et cette équation comico-gore. Cette suite (un peu tardive) de Wedding Nightmare a donc des allures de retour au source : le duo de cinéastes vont-ils honorer la franchise qui leur a ouvert les portes du grand Hollywood ?

Le premier défi de cette Deuxième Partie consiste d’abord à étendre l’univers tout en gardant la cohérence globale - après tout, l’histoire semblait conclue à la fin du premier opus. Dans cette suite, Grace accède à un nouveau niveau dans le jeu de cache-cache, et découvre l’existence d’une vaste société secrète. La jeune mariée apprend que sa victoire au premier jeu a mis en branle une impressionnante réaction en chaîne, qui remet en question la direction de cette communauté sataniste, dont le porte-parole est d’ailleurs joué avec flegme et malice par Elijah Wood. À cela s’ajoute la présence de Faith (Kathryn Newton), soeur de Grace avec qui celle-ci entretient une relation houleuse et qui va se retrouver malgré elle engoncée dans cette mécanique redoutable - même si les raisons qui poussent les antagonistes à la faire participer restent obscures, voire incohérentes.

Bref, Wedding Nightmare 2 joue ostensiblement la carte de la surenchère, avec plus de familles satanistes, plus de danger, et un manoir littéralement trois fois plus grand que celui du premier opus. Ces excès éloignent un peu la formule de sa dimension horrifique, et le film tient davantage du survival gore à la Hunger Games que de l’épouvante pure, d’autant que l’action se déroule principalement de jour. Pour le reste, cette suite déplie la formule désormais habituelle de Bettinelli-Olpin : une vaste galerie de personnages excentriques, un décor aux inspirations gothiques, des scènes de confrontation qui oscillent entre maladresses cartoonesques et ultra-violence, et une conclusion cathartique sous forme de déluge d’hémoglobine. Un spectacle pas tout à fait déplaisant, mais qui a tendance, après le premier opus et Abigail, à tourner tout de même en rond. Et ce n’est pas la relation tourmentée entre Faith et Grace, franchement paresseuse malgré le charisme de Kathryn Newton, qui relève la sauce.
Non, ce qui sauve véritablement cette suite, c’est tout simplement Samara Weaving. Qu’elle hurle de douleur en ôtant une flèche logée entre ses omoplates ou qu’elle dégomme nonchalamment sa rivale d’un coup de fusil à pompe, entre deux scènes où elle bondit avec fureur sur ses assaillants, l’actrice fait tout simplement feu de tout bois, et prouve une nouvelle fois qu’elle est la meilleure “scream queen” actuelle. Rien que pour elle, on pourrait presque se laisser tenter par un Wedding Nightmare 3, même si on voit mal comment Olpin et Gillett pourraient bricoler une suite à cette conclusion, qui semble pour le coup définitive.
Avec Samara Weaving, Kathryn Newton, Elijah Wood. 108 minutes. États-Unis.



