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Berlinale : "Dust" en cinq questions avec Arieh Worthalter

Dernière mise à jour : il y a 12 heures

Arieh Worthalter tourne en français (Le Procès Goldman), en anglais… et désormais en flamand, dans le film Dust de Anke Blondé, en compétition à la Berlinale. Rencontre express avec l’acteur franco-belge polyglotte dans le joyeux chaos festivalier de Berlin. 


Arieh Worthalter dans DUST (c) A Private View - Toon Aerts
Arieh Worthalter dans DUST (c) A Private View - Toon Aerts

Comment se passe votre Berlinale jusqu’ici ?


Arieh Worthalter : Ça se passe très bien ! On est arrivés samedi, et j’étais tout de suite occupé car j’ai également travaillé sur un documentaire : Collapse (Effondrement) de Anat Even, qui était présenté dans la section Forum. Et maintenant Dust ! C'est excitant. C'est la deuxième fois que je viens au festival, j'étais déjà venu il y a un an ou deux avec le film avec Comme le feu de Philippe Lesage.


Situé dans les années 90, Dust raconte la dernière journée de liberté de deux entrepreneurs belges, dont l’empire s’effondre quand il est dévoilé qu’ils ont commis une fraude. Le film aborde via leur histoire la question de la responsabilité d’hommes de pouvoir, confrontés aux conséquences de leurs actes…

 

Je pense justement qu'une grosse partie du film raconte l’incapacité de ces gens à se sentir responsables. Pour moi, c'est ça qui est fort, c'est qu'on les voit lutter avec la notion de responsabilité. Au-delà de s’ils ont fait quelque chose de mal ou pas, ce qui est intéressant dans le film, c’est qu’il vient appuyer sur un nerf qu'ils n'ont pas encore, qu'ils ne connaissaient pas jusque-là. Je me demande ce que je ressentirais à leur place, si demain on me dit : "Tout ça c'est fini, tu vas en prison…" Est-ce que ma première réaction c'est de dire "Ah oui pardon mea culpa" ou de me demander comment est-ce que je m'en sors? Est-ce qu'un criminel se dit qu’il est un criminel? Dans leur tête, c’étaient des petites sommes par-ci par-là, pour faire vivre la boite... Sauf qu'à un moment ça fait boule de neige. 


Est-ce que vous approchez tous vos rôles de la même manière, ou ça change à chaque film ?


Je me suis intéressé à beaucoup de méthodes différentes, comme un ébéniste s'intéresse à toutes sortes d'outils et façons de travailler le bois. C’est excitant d'essayer d'inventer des nouvelles manières de travailler. Mais à un moment, c'est le scénario, et la personne qui porte le film, qui vont te dire ce que tu peux tester, tenter... Et chaque cinéaste est différent. Il y a des tournages où tu sais que tu n'auras qu’une ou deux prises, donc t’as intérêt à t'être bien préparé en amont pour savoir ce que tu veux proposer. Parce qu’au moment du tournage, si t'es occupé à penser à ça, tu vas foirer. Ta seule manière d'être juste, c'est avec l'autre, dans la scène.  


Vous êtes bientôt à l’affiche de Nino dans la nuit de Laurent Micheli, où vous jouez un cette fois un américain. Combien de langues parlez-vous, et est-ce que vous travaillez dans toutes ces langues ?  

J'en parle 5 mais pas toutes aussi bien. Français et Anglais sont celles que je parle le mieux, ensuite le Flamand, l’Espagnol et l’Hébreu. C'est la vie qui a m'a amené à les parler, je ne les ai pas apprises pour bosser. J'avais déjà joué en Flamand au théâtre mais Dust c’est la première fois au cinéma.


Avant de se quitter, un coup de cœur ciné récent à nous partager ?


Les deux derniers volets de l'œuvre de Nicolas Philibert sur la santé mentale. J'avais vu Sur l'Adamant (Ours d’or à la Berlinale 2023, NDLR), mais je n'avais pas encore eu le courage de regarder Averroès & Rosa Parks et La Machine à écrire et autres sources de tracas. Donc je les ai rattrapés, et je les ai trouvés magnifiques. Ce sont des films qui soulèvent des questions sur ce qu'on fait de ceux qui vieillissent. Aujourd’hui on les met dans un endroit, on les garde en vie, et nous on n'est pas là parce qu'on n'a pas le temps, que les cultures ont changé, qu’ils ne vivent plus avec nous... Donc c'est important de raconter comment des gens donnent leur vie pour s'assurer que d’autres puissent vivre dans la dignité jusqu’au bout.  


Dust de Anke Blondé. Avec Arieh Worthalter, Jan Hammenecker. 115 minutes. Sortie le 25 février. 






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