Berlinale : Tegenwoordig heet iedereen Sorry « Il y a quelque chose de beau dans la façon dont les jeunes regardent le monde »
- Elli Mastorou

- il y a 5 heures
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Dernière mise à jour : il y a 3 heures
On parle beaucoup flamand cette année à la Berlinale, et notamment dans la section Generation grâce à Tegenwoordig heet iedereen Sorry (Everyone is sorry nowadays pour son titre international), deuxième long-métrage de la réalisatrice Frederike Migom (Binti). Rencontre entre belges, au coeur de la capitale berlinoise.

"Est-ce que je peux exister ?"
S'il fallait résumer son film en une question, voici ce que Frederike Migom nous répondrait. Une question qui tourmente Bianca, l’héroïne de Tegenwoordig heet iedereen sorry présenté dans la section Generation, espace de la Berlinale dédié aux récits adolescents. Adapté du roman éponyme de Bart Moeyaert, le film est un coming-of-age avec unité de lieu, d’espace et de temps : par une journée d’été caniculaire, Bianca, ado taciturne vivant avec sa mère divorcée et son petit frère malade, rencontre par hasard Billie King, sa star de soap opera préférée, dans sa propre maison. Cet événement inattendu va stimuler la confiance et l’imaginaire de cette jeune fille tourmentée, qui se sent invisible jusque dans sa propre famille… "C'est ma tante qui m'a offert le livre et ma grand-mère qui m'a conseillé de le lire, en me disant qu'il y avait peut-être un film là-dedans", explique la réalisatrice. "Je n’avais pas forcément envie de refaire un film pour jeunes… Et puis je l'ai lu, et je me suis immédiatement identifiée à cette fille. J’ai adoré son imaginaire."

Après Binti, son premier long métrage de fiction sorti en 2019 centré sur une petite fille congolaise qui rêve d’être une vlogueuse célèbre à l’instar de son idole, Migom poursuit donc une œuvre cinématographique centrée autour des récits adolescents. "Il y a quelque chose de tellement beau dans la manière dont les jeunes regardent le monde. Tout est nouveau. Ce regard offre plus d'ouverture [sur le monde, NDLR] parce que pour eux, tout est possible. Ça me fascine d’observer ce processus de développement, quand quelqu’un réfléchit à qui il ou elle est, que sa personnalité se façonne… Surtout dans ce monde si complexe. Après, Binti était davantage une aventure, alors que celui-ci est plus psychologique", précise la réalisatrice bruxelloise formée à l’art dramatique et au cinéma entre New York et Paris et qui a débuté comme actrice (Miss Homeless). Dans ses films fétiches, elle nous cite pêle-mêle Arizona Dream, Les Bergman se séparent de Noah Baumbach ou encore l’œuvre de Céline Sciamma. Évidemment, on pense au bijou Petite Maman, un récit là aussi à hauteur d’enfant.

L’exploration de l’imaginaire adolescent est le point fort de Tegenwoordig heet iedereen sorry, film pop et coloré : tandis que les adultes discutent, le cerveau de Bianca voyage vers d’autres mondes, et cela donne quelques belles scènes. La structure narrative du récit, et ses ruptures de ton (rire, larmes, énervement, tendresse) nous font parfois déconnecter mais ce qui est certain, c’est que la section Generation est un écrin idéal pour Bianca (incarnée par Lisa Vanhemelrijk) et ses questionnements existentiels : "Je suis hyper contente, c’est un privilège d’être sélectionnée, d’autant plus quand on sait la difficulté de faire des films à l’époque actuelle. Et j'aime vraiment cette section, parce que Berlin est un des rares festivals à mettre en valeur les jeunes - les festivals jeune public ça existe mais c'est très spécifique, ciblé. Le festival de Berlin décrit la section pas comme 'des films pour jeune public' mais 'des films qui explorent la vie des jeunes' : je trouve ça tellement joli, et parfait pour ce film."

Tegenwoordig heet iedereen sorry (Everyone is sorry nowadays) de Frederike Migom. Avec Lisa Vanhemelrijk, Laurence Roothooft, Sachli Gholamalizad… Sortie Belgique : 2026



