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Critique de Club Zero

Une satire dérangeante et oppressante

Écrire que Club Zero est un film qui fait débat relève de l’euphémisme. Le nouveau long-métrage de la réalisatrice autrichienne Jessica Hausner est-il complaisant envers les troubles du comportement alimentaire, comme certain·es l’affirment ?


Le film nous plonge dans un internat où des adolescent·es commencent par se priver de certains aliments, avant d’arrêter complètement de manger, persuadé·es qu’il est possible de vivre de cette manière par leur nouvelle professeure de nutrition, Miss Novak (Mia Wasikowska). Le film s’intéresse en réalité moins aux troubles du comportement alimentaire qu’aux rapports qui se nouent entre les différents groupes. La hiérarchie sociale, les liens familiaux manquants ou blessés sont autant de facteurs qui les rendent perméables à certains discours et à des relations d’emprise. Cette spirale de manipulation sectaire, presque religieuse, est appuyée par la mise en scène d’Hausner : plans soignés, décors imposants et costumes colorés. La musique du compositeur Markus Binder en rajoute une couche,  se faisant de plus en plus oppressante à mesure que la professeure étend son contrôle sur ses jeunes élèves. 


Le thème de la manipulation, et de ce qu’on est amené·e à prendre pour la vérité, faisait déjà partie de plusieurs des films précédents de Jessica Hausner, dont Amour Fou (2014) et Little Joe (2019). Avec Club Zero, la cinéaste pousse le curseur en cran plus loin. Si la fin du film fait preuve d’une ambiguïté qu’on peut regretter, gageons qu’elle fait confiance au public pour réfléchir et s’interroger face à ces scènes. Interrogée en 2019 par le média Le Polyester, elle avait d’ailleurs répondu : « Je cherche une manière de faire du cinéma qui ressemble à un point d’interrogation géant. »



RÉALISÉ PAR : JESSICA HAUSNER

AVEC : MIA WASIKOWSKA, SIDSE BABETT KNUDSEN, FLORENCE BAKER

PAYS : AUTRICHE / ROYAUME-UNI

DURÉE : 110 MINUTES


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