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Critique de Coward : La lumière au cœur de la guerre

il y a 38 minutes
2 min de lecture

Coward s’ouvre sur des jeunes soldats partant au front, entonnant un air joyeux a capella, comme pour se donner du courage. Parmi eux, il y a Pierre, un fermier taciturne. Aux côtés de ses camarades « bleus », le jeune homme apprend rapidement à ramasser les blessés et les morts sur le champ de bataille - des séquences que Dhont filme minutieusement, mettant l’accent sur l’aspect répétitif et brutal de la tâche. 


Coward
Coward ©Lumière

Bientôt Pierre rencontre Francis, un garçon extraverti, tailleur à la ville, qui fait partie de la « revue des armées » : une troupe organisant des spectacles légers pour divertir les soldats ; un travestissement inattendu entre les bombardements, un moment suspendu pour tromper la mort et le temps. Entre ces deux-là se tisse un lien complice, qui bientôt devient un romance passionnée. Dans des scènes baignées de lumière, où priment le jaune et le beige (terre, soleil, champs, peaux), Dhont place sa caméra au plus près de ses deux héros, inexpérimentés à la guerre comme à l’amour (« Tu sais comment on fait la première fois ? »), pour capturer leurs moments d’intimité hésitants.  


Coward
Coward ©Lumière

Qu’est-ce que le courage ? Une question que Coward pose en creux via son titre (version anglaise de couard, soit lâche), et les décisions de ses personnages. Tandis que Pierre rêve de vivre leur histoire d’amour au grand jour une fois la guerre terminée, Francis voit dans ces revues des tranchées le seul endroit où il peut exister en toute liberté. Deux visions différentes, ambivalentes et complémentaires, de ce courage qu’on attend des hommes – surtout au combat. Une incarnation d’autant plus puissante qu’Emmanuel Macchia et Valentin Campagne sont inconnus au bataillon (c’est le cas de le dire). Hormis un petit rôle par-ci par-là pour Valentin Campagne (dans Dossier 137 et bientôt dans Sanguine), le public ne saurait projeter sur eux les impressions venues d’un film précédent. Une habitude chez Lukas Dhont, qui après Victor Polster dans Girl et les deux jeunes garçons de Close, creuse un cinéma porté par des nouveaux visages.


Coward
Coward ©Lumière

Si le début du film est un peu hésitant, ses dialogues soulignant les enjeux de manière appuyée, Coward gagne en puissance au fur et à mesure qu’il avance. Dans un récit imprégné de violence, où la mort est omniprésente, le film de Lukas Dhont fait le choix de la vie jusque dans ses derniers instants, lumineux et bouleversants.



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