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Critique de Sous Hypnose

Une satire inaboutie

Mieux que personne, William Shakespeare avait su cerner que  “Le monde entier est un théâtre, Et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs”. 


Un constat que le réalisateur suédois Ernst De Geer fait sien et met en scène dans son film Sous hypnose, par le biais de son excentrique duo de personnages Vera (Asta Kamma August) et André (Herbert Nordrum). Heureux en amour et partenaires dans le développement d’Epione, une application révolutionnaire, nos deux tourtereaux doivent faire bonne figure pour espérer convaincre quelques investisseurs de rejoindre l’aventure. En amont d’un week-end de pitch, Vera se lance donc dans une thérapie par l’hypnose pour soigner son addiction à la cigarette. L’élément déclencheur d’un comportement déviant chez elle, imaginant un chien invisible ou dansant follement dans des situations peu adaptées, qui met bientôt mal à l’aise son compagnon, les autres participants et nous, témoins de ses affres. 


Face au naufrage de ce couple plein d’avenir, notre frustration grandit… et en révèle tout autant sur nous-même. Et si Les Précieuses Ridicules, c’était nous ? L’intelligence du film réside dans cette inversion de la perception. Il ne se moque pas de Vera, il juge plutôt notre société qui, se voulant “moderne”, nous enjoint tous à jouer des personnages absurdes, faux et construits, nous pousse à nous soumettre à une série de rites d’interactions, piliers d’une “bonne” société. Le constat est alors affligeant : assis dans nos sièges de velours rouge, nous sommes des acteurs qui regardent des acteurs incarner des personnages qui eux-mêmes jouent un rôle. Qui sommes-nous ?


S’inscrivant dans la droite lignée des films de Ruben Ostlund (à croire qu’un courant se dessine dans le cinéma scandinave), Sous hypnose n’a malheureusement pas le jusqu’au-boutisme d’un The Square. Cette exagération qui aurait fait de cette satire mignonne un vrai électrochoc politique. 



RÉALISÉ : ERNST DE GEER

AVEC : ASTA KAMMA AUGUT, HERBERT NORDRUM

PAYS :  SUEDE, NORVEGE, FRANCE

SORTIE : 22 MAI

DURÉE : 98 MINUTES


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