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Critique de Le Mal n'existe pas

Un film contemplatif et troublant

La cime des arbres, scrutée avec un long travelling, la découpe du bois, la collecte d’eau et le ramassage du wasabi sauvage en forêt. Démarrant dans une ambiance quasi-méditative, le nouveau film de Ryusuke Hamaguchi (Drive My Car) met en retrait, dans un premier temps du moins, l’amour des dialogues du cinéaste japonais. Le début du long-métrage se concentre en effet sur la contemplation du quotidien des membres du village de Mizubiki, en harmonie avec leur environnement. 


Cette sérénité va finalement être mise à mal avec l’apparition de deux promoteurs venus de Tokyo, qui entament un simulacre de discussion avec les villageois autour d’un projet de glamping (contraction des mots glamour et camping), censé attirer les citadins vers les campagnes alentour. À l’issue de cette session d’information, qui oppose les préoccupations de locaux déterminés à préserver l’équilibre écologique de leur lieu de vie au mélange de cynisme et de méconnaissance de leurs deux interlocuteurs, le titre du film prend tout son sens. En s’attardant sur ces nouveaux personnages, envoyés au casse-pipes par leur patron au service d’un travail et de projets qui leur échappent, Hamaguchi donne voix à leurs doutes, et s’éloigne de tout manichéisme.


Si Le Mal n’existe pas n’est pas le plus impactant des films récents de son réalisateur (certain·es lui reprocheront le manque de clarté de ses intentions),  il témoigne une nouvelle fois de la précision du cinéaste à sonder l’humain en convoquant art du dialogue, humour et moments de grâce. Le tout enveloppé dans ce qui semble déjà être l’une des plus belles bande-originale de l’année, signée Eiko Ishibashi, déjà à l'œuvre sur Drive My Car.



RÉALISÉ PAR : RYUSUKE HAMAGUCHI

AVEC : HITOSHI OMIKA, RYO NISHIKAWA, AYAKA SHIBUTANI

PAYS : JAPON

DURÉE : 107 MINUTES


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