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Rencontre avec Viggo Mortensen pour The Dead don't hurt

Quatre ans après Falling, Viggo Mortensen revient au cinéma avec son second long-métrage, un western poétique, émouvant et dépaysant..


Vous avez écrit, réalisé, scénarisé et même composé la musique de The Dead Don't Hurt, en plus d'y jouer un des rôles principaux. Pourtant c'est Vicky Krieps qui figure principalement sur l'affiche. C'était un choix conscient ? 


Absolument. C'est elle le centre du film. C'est une histoire entre son personnage et le mien, mais c'est elle le moteur du récit. La première image du film est d'ailleurs une image de son esprit. 


Une image plutôt singulière : on voit un chevalier se diriger vers une petite fille dans une forêt. C'est assez surprenant pour un western !


Au moment de la production du film, je n’y pensais pas, mais les chevaliers sont un peu les cow-boys de leur époque. Une personne solitaire sur son cheval, qui part à l'aventure. 


Vous avez joué dans plusieurs westerns, mais c'est le premier que vous réalisez. Quel rapport avez-vous avec ce genre ?


Je suis suffisamment vieux pour avoir connu les dernières années populaires du western. Quand j'avais 4 ou 5 ans, j'ai vu Seuls sont les indomptés de David Miller avec Kirk Douglas, un excellent film, mais aussi L'homme qui tua Liberty Valance de John Ford. J'ai grandi avec les westerns. Et j'aime les chevaux – j'en montais au même moment où je commençais à aller au cinéma. Je n'ai pas immédiatement décidé que le film allait prendre place pendant la conquête de l'Ouest, mais lorsque j'ai réalisé la direction que prenait le scénario, ça a ouvert des choses. 


C'est l'histoire d'une femme qui trouve de nouveaux horizons pour elle-même, à une époque où les frontières sont sans cesse repoussées, dans une société dominée par les hommes, avec peu de justice et beaucoup de corruption. La grande différence avec les westerns classiques, c'est que c'est une femme au centre du récit. Une femme complexe, pas une super-héroïne, mais qui est différente. 



Vous avez suggéré à vos équipes de regarder certains westerns comme source d'inspiration ? 


Je leur ai parfois demandé de regarder jusqu'à cinquante westerns ! «Regarde ce film. Il est mauvais, ce n'est pas très bien, mais regarde cette lampe dans le saloon, regarde ce cheval, cette selle, ce chapeau, cette robe ». Anne Dixon [la costumière de The Dead Don't Hurt, NDLR] a fait aussi beaucoup de recherches au Smithsonian, pour trouver des centaines de documents et de photos, de cowboys et de mineurs de cette époque. Il a fallu faire énormément de recherches pour être sûr d'avoir les bonnes armes, les bons objets, que tout soit exact. 


J'ai fait pareil avec les acteurs, en leur disant, « regarde ce film, il est n'est pas très bien, mais observe comment ce personnage descend du cheval ». Parfois je vois des westerns, et c'est évident que les acteurs ne savent pas bien monter, ou que tout est exagéré. Il faut que je puisse croire que cette personne a monté toute sa vie, parce que dans l'Ouest, c'est le mode de transport principal. Il faut que soit convaincant.


Il y a de superbes paysages dans The Dead Don't Hurt, mais le film n'a pas été tourné dans l'Ouest américain...


Il y a tellement de westerns qui ont été produits, que certains paysages reviennent film après film. Je peux regarder certains westerns et savoir s'il s'agit de l'Arizona, de la Californie, du Nouveau-Mexique. Nous avons fait beaucoup de repérages au Mexique et au Canada. C'était très bien de tourner là-bas, parce qu'au Mexique on a trouvé des endroits qui n'avaient pas été filmés avant, ou presque pas. Il y a beaucoup de lieux dans le film que le public n'a jamais vu au cinéma. C'est assez exaltant. 


Comme Falling, la musique de ce long-métrage a été composée par vos soins. Est-ce que vous l'avez écrite avant, pendant ou après le tournage du film ?


Je l'ai composé avant. Ça peut sembler contre-intuitif, mais ça m'a beaucoup aidé sur le tournage et au montage. Sur mon premier film, ça m'a permis de trouver le bon rythme. Celui-ci est un peu plus ambitieux. Je connaissais déjà les thèmes musicaux pour chaque personnage et chaque moment de l'histoire. Ça m'a donné des limites, des idées précises sur la durée de certaines séquences. Il y a une scène où j'arrive à cheval, et j'ai du la chronométrer pour avoir la bonne allure pour la musique !  







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