Maspalomas : La douce amertume de vieillir
- Constant Carbonnelle

- il y a 14 minutes
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Depuis 25 ans, Vicente (José Ramón Soroiz) profite d’une retraite dorée aux îles Canaries. Soleil, soirées, liberté… et surtout une sexualité assumée, vécue sans filtre après des années dans le placard. Mais tout bascule lorsqu’un AVC le contraint à quitter cette vie suspendue au plaisir. Direction San Sebastián, où sa fille décide de le placer en maison de repos. Et avec ce retour en Espagne, c’est tout un monde qui se referme.
Dans ce nouvel établissement, cette liberté qui était la sienne à Maspalomas semble soudainement hors cadre. Comme si vieillir impliquait aussi de rentrer dans les rangs. Et pour couronner le tout, il partage sa chambre avec un autre résident… homophobe.

Avec ce retour forcé au placard, on pourrait craindre à un drame plombant. Mais il n’en est rien. Le film choisit une autre voie : celle d’une comédie douce-amère, où le tragique se frotte sans cesse au comique. Vicente tente de ravaler qui il est, mais son désir, ses réflexes, ses élans de vie finissent toujours par refaire surface. Et c’est à travers ces décalages que naissent des situations gênantes, parfois cruelles mais délicieusement drôles.
Derrière l’humour, le film déroule une véritable réflexion sociale. Il interroge notre manière de considérer les personnes âgées, et plus encore les seniors queer, trop souvent invisibilisés. Il rappelle aussi que les acquis peuvent vaciller, que les libertés gagnées ne sont jamais totalement garanties. Institutions, préjugés, famille, silence : tout peut, à nouveau, enfermer.



