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Silent Friend : Une fresque au-delà de l'humain


Dans l’une des premières scènes de Silent Friend, le professeur de psychologie interprété par Tony Leung présente à son auditoire le concept de “Lantern Consciousness”. Soit un mode d’attention caractéristique des très jeunes enfants qui, à l’opposé des adultes, ne focalisent pas leur concentration sur un objet précis mais au contraire, témoigne d’une attention ouverte envers leur environnement, comme si un halo de lumière éclairait d’un même éclat chaque élément de leur périphérie.


C’est précisément cet état de “Lantern Consciousness” que cherche la cinéaste Ildikò Enyedi à travers Silent Friend, un long-métrage atypique dont la mise en scène s’attache à se détourner de l’anthropocentrisme


Luna Welder dans Silent Friend.
Silent Friend © September Film

Le long-métrage suit les trajectoires de trois scientifiques dans l’université de Marburg en Allemagne à trois époques différentes : en 1908, l’apprentie biologiste Grete tente de s’imposer auprès d’une société patriarcale et misogyne ; en 1970, le jeune Hannes connaît ses premières passions amoureuses, à rebours de la révolution sexuelle ; enfin, en 2020, le professeur Tony se livre à des expérimentations sur la conscience des plantes, en pleine pandémie de Covid-19. Chaque intrigue est marquée par l’aura bienveillante d'un ginkgo biloba, un majestueux arbre centenaire qui trône au milieu du jardin botanique de l’université.


Tony Leung dans Silent Friend.
Silent Friend © September Film

En filmant chaque récit par le point de vue des plantes environnantes - les interactions humaines sont fréquemment reléguées à l’arrière-plan, là où la caméra se focalise sur le monde végétal - Silent Friend replace l’homo sapiens à sa place d’être vivant comme un autre au sein de la biosphère. En résulte un film à la fois scientifique et contemplatif, qui cherche dans les possibilités du septième art une nouvelle manière de communier avec le monde qui nous entoure.



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