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The Furious : Le film d'action ultime ?

Même si les salles ne verront finalement pas débarquer The Furious, impossible de passer à côté d'un film d'action mêlant avec brio ses influences pour un résultat si jubilatoire qu'il pourrait prétendre au titre de “film d’arts martiaux ultime”.



Avec The Furious, le célèbre producteur Bill Kong (Tigre et Dragon, La Cité Interdite) ne désirait rien de moins que de donner naissance au film d’arts martiaux ultime” - de ses propres mots. Pour mener à bien cette ambitieuse entreprise, il a fait appel à plusieurs pointures du genre, réunissant une sorte de quatuor parfait de la Sainte-Mandale. L’exceptionnel combattant chinois Xie Miao tient ainsi le premier rôle, épaulé par Joe Taslim et Yayan Ruhian, deux acteurs indonésiens dont les aptitudes martiales avaient déjà fait le succès de The Raid. La mise en scène quant à elle a été confiée au Japonais Kenji Tanigaki, chorégraphe de génie qui officie dans le genre depuis le milieu des années 90. Autant dire que The Furious allait faire parler les poings.


Xie Miao et Yang Enyou dans The Furious.
The Furious © KFD

Et tant mieux, car les dialogues ne constituent clairement pas le point fort du métrage. Souffrant d’une trame excessivement glauque, à base d’enlèvements d’enfants et de réseaux pédocriminels, le récit s’avère en plus plombé par un doublage anglais hasardeux, qui confère une indéniable aura kitsch à l’ensemble. Difficile cependant de reprocher au film son intrigue, tant celle-ci s’assume comme un simple prétexte pour enchaîner les confrontations, dans une démarche voisine de celle d’un jeu vidéo.


Xie Miao et Yang Enyou dans The Furious.
The Furious © KFD

Du point de vue de l’action, The Furious tient heureusement les promesses de son titre. La singularité du film réside avant tout dans sa capacité à juxtaposer différents styles de combat entre eux pour aboutir à une synthèse jubilatoire. D’un côté, il y a donc la souplesse, l’élégance de Xie Miao, véritable virtuose du kung-fu capable de se dégager de n’importe quelle prise telle une anguille. De l’autre, il y a l’héritage barbare des films d’action indonésiens, plus proches du MMA, avec cette approche très viscérale des impacts, notamment lorsque les marteaux et autres objets contondants entrent dans la danse.


L’ensemble culmine lors du sidérant climax dans le commissariat, qui débute presque comme un slasher - l’un des antagonistes décime à la machette et à l’arc toute une escouade de policiers - avant de muter en une mêlée à cinq d’une brutalité rarement vue sur grand écran. Une véritable chorégraphie du chaos qui conclut presque deux d’heures d’adrénaline pure, et qui témoigne d’une osmose surnaturelle entre les extraordinaires prouesses des acteurs-combattants et le regard du cinéaste chargé de les magnifier.


Avec Xie Miao, Joe Taslim, Yayan Ruhian Yang Enyou. Hong Kong, 113 minutes.

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