top of page

The Good Sister : Un dilemme moral face à l'ignoble

Rose est très proche de son frère Sami, mais leur relation se fissure lorsqu’elle est appelée à témoigner contre lui dans une affaire de viol. Face au récit des événements, le regard de Rose sur Sami se transforme.



Dans ce premier long-métrage signé Sarah Miro Fischer, la question du regard est centrale : ce qu'on voit, ce qu'on croit voir et ce qu'on choisit de ne pas voir chez ceux qu'on aime. Tout l’intérêt du film réside dans la façon dont la réalisatrice questionne les liens d’allégeance de son personnage principal.


Là où la plupart des récits de viol placent le spectateur dans un camp ou dans l’autre, The Good Sister se démarque. Ni du côté de la victime, ni du côté du bourreau, le film épouse les étapes du dilemme moral de Rose. De la sidération à l'action, l'actrice Marie Bloching livre une interprétation juste, faite de doutes, de contradictions et de débordements.


Marie Bloching et Anton Weil dans The Good Sister.
The Good Sister © Cherry Pickers

La mise en scène accompagne le basculement intérieur de la jeune femme. Dans son travail d'infirmière, dans l'atelier de ses cours de dessin ou dans son intimité : chaque espace de sa vie est contaminé par l'accusation d'Elisa. Peu à peu, les certitudes de Rose vacillent. Lorsqu’elle rase le crâne de son frère, son regard change encore un peu et face à la nouvelle apparence de Sami, la caméra se fait distante. La tendresse entre les corps cède face à l'évitement; les corps familiers deviennent étrangers.


Derrière un scénario prévisible, The Good Sister capte avec finesse la zone grise dans laquelle Rose se débat. Si son frère n'est pas un monstre, peut-elle le devenir en le protégeant ?



bottom of page