Toy Story 5 : Jouets VS technologie
- Constant Carbonnelle

- il y a 1 heure
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On croyait l’histoire Toy Story arrivé à son terme. Souvenez-vous : à la fin du quatrième film, Woody réalisait que son rôle était accompli. Après avoir accompagné Andy puis Bonnie pendant des années, il choisissait de quitter ses amis pour vivre librement et aider les jouets perdus à retrouver une place auprès d’un enfant. Mais ce cinquième volet, quelque peu inattendu, revient pourtant là où tout a commencé : dans une chambre d’enfant. Sauf qu’entre-temps, le monde a changé.
Bonnie a maintenant 8 ans, et peine à trouver sa place. Non pas parce qu’elle serait différente, mais parce qu’elle continue à jouer. Autour d’elle, les autres enfants ont troqué les aventures de « la vraie vie » contre LilyPad, une tablette connectée en forme de grenouille, devenue un nouveau point de ralliement. Ses parents, inquiets, finissent par lui en offrir une et, instantanément, Bonnie s’intègre. Du moins en apparence. Car le problème n’est pas tant qu’elle abandonne ses jouets : c’est qu’elle commence à faire semblant de ne plus les aimer pour correspondre à la norme.

Et c’est là que Toy Story 5 trouve sa bonne idée : faire vivre aux jouets ce que vivent aujourd’hui beaucoup d’enfants — la peur d’être mis de côté, d’être « rangé dans le tiroir du bas », surtout si l’on n’aime pas les bonnes choses au bon moment.
Pixar aurait pu tomber dans le discours facile avec un simple « les écrans, c’est mal ». Mais le film est plus malin que ça. LilyPad, et par extension la technologie, n’est pas une méchante au sens classique. Elle devient surtout le symbole d’un monde où tout doit aller vite, où l’on consomme plus que l’on n’invente.

Face à ça, Woody, revenu à la rescousse, Buzz, Jessie et les autres ne défendent pas que leurs propres intérêts. Ils défendent l’imaginaire, les histoires qu’on se raconte seul dans sa chambre, les amitiés qui ne passent pas qu’à travers un écran. Et voir ces héros cultes confrontés à leur propre désuétude apporte une mélancolie assez bouleversante.
On pourra cependant regretter que plusieurs jouets, comme Rex, Zig-Zag ou Monsieur Patate, soient relégués au rang de silhouette parlante. Mais malgré ça, et quelques automatismes, la magie Toy Story fonctionne toujours aussi bien : celle qui rappelle que grandir ne veut pas forcément dire arrêter de jouer.



