Renoir : Portrait de Fuki, la petite fille au ruban rouge
- Darika Peou
- il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 4 heures
Chie Hayakawa, la réalisatrice japonaise du sombre Plan 75 revient avec un second long-métrage plus coloré cette fois-ci : Renoir, un drame qui, contrairement à ce que son titre pourrait suggérer, ne relate pas la vie du célèbre peintre impressionniste français.

On y suit le quotidien de Fuki Okita, une petite fille japonaise de 11 ans qui possède une certaine appétence pour l’écriture et une fascination pour les tours de magie. L’histoire se déroule pendant l’été 1987, une période prospère, avant que la bulle économique japonaise n’éclate. Du point de vue de la réalisatrice, il s’agissait d'une époque où les relations devenaient de plus en plus superficielles et où un sentiment de vide commençait à s'installer dans la société japonaise. Chie Hayakawa replonge dans son enfance à travers le personnage de Fuki avec lequel elle partage des similitudes comme son émerveillement devant “La Petite Irène” de Renoir, la relation qu’elle entretient avec son père malade ou encore la volonté de créer une connexion forte avec d’autres personnes. [NDLR : informations tirées du dossier de presse]

Avec sa palette estivale, le film semble nous peindre un tableau joyeux et insouciant d’une fillette, à cheval entre l’enfance et l'adolescence, cherchant à combler son manque d’affection et sa solitude. Mais derrière ces couleurs chatoyantes, se cachent des éléments bien plus sombres qui nous procurent un malaise troublant. Dans la première scène de Renoir, nous assistons à une succession d’enregistrements étranges de bébés en pleurs, avant de réaliser que c’est notre protagoniste qui les visionne. Quelques scènes plus tard, on devine à qui appartenaient réellement ces cassettes, au cours d’une séance où Fuki hypnotise sa voisine. À d’autres moments, lorsqu’elle n’est pas en train de s’imaginer orpheline ou de regarder des émissions de magie à la télé, elle écoute les annonces téléphoniques d’hommes et de femmes à la recherche d’un partenaire, avant d’en poster une elle-même.

Alternant entre moments tendres, contemplatifs ou plein de tensions, la réalisatrice nous présente le tableau fascinant de “La Petite Fuki” qui se révèle progressivement par petites touches colorées ou sombres. Toutefois, malgré, la richesse des thématiques abordées comme le rapport au deuil, les relations familiales ou encore la solitude au Japon, la toile globale peut nous laisser perplexe ou sur notre faim lorsque la réalisatrice nous perd dans cet ensemble de couches, ne parvenant qu’à effleurer les problématiques en surface.
Avec Yui Suzuki, Lily Franky, Hikari Ishida, Ayumu Nakajima, Yuumi Kawai, Ryota Bando. 119 minutes, Japon, France, Singapour, Philippines, Indonésie, 2025.



