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Critique de Vice-Versa 2

Grandir sans faillir 

© The Walt Disney Company

Un numéro 2 est toujours accompagné d’une appréhension mêlée d’excitation. Sera-t-il à la hauteur du précédent ? La narration ne sera-t-elle pas alambiquée, peinant à se renouveler ? Pour donner un second souffle aux personnages si attachants qu’iels ont créés et dynamiser leur nouvelle intrigue, les scénaristes de Vice-Versa 2, Meg Lefauve et Dave Holstein, on prit le parti d’ajouter de nouvelles émotions aux commandes du cerveau de Riley. À l’aube de sa treizième année, la jeune ado en route pour un stage de hockey sur glace apprend qu’à la fin de l’été, ses deux meilleures amies iront dans un autre lycée. À la suite de cette annonce, elle va découvrir de nouvelles émotions qui vont la pousser dans le camp de l’équipe adverse pour s’assurer d’avoir des copines à la rentrée. Mais quelles sont ces émotions qui surviennent à l’adolescence ? Au revoir l’innocence, bonjour Envie, Ennui, Embarras et Anxiété. Cette dernière va rapidement prendre le pas sur ses collègues (Joie, Tristesse, Peur, Colère et Dégoût), mettant à mal l’estime de soi de Riley. La collaboration entre l’ancienne équipe d’émotions et la nouvelle s’annonce chaotique. 


Qu’on soit enfant, adolescent·e ou adulte, chacun·e pourra s’identifier au tourbillon des émotions de Riley. Le film se prête à différents degrés de lecture. On s’accroche tantôt au film parce qu’on désire que les émotions de Riley ne tombent pas dans l’oubli tantôt parce qu’on s’efforce d’espérer que l’anxiété soit détrônée. Comme le premier Vice-Versa, ce second volet parvient à nous faire traverser les mêmes émotions que Riley. Bien que les comiques de situation du premier étaient hilarants parce l’effet de surprise était plus prégnant, ils restent tout de même très amusants. Anxiété est un personnage que l’on aime autant qu’on le déteste. Son enthousiasme démesuré est aussi touchant qu’agaçant. Par ailleurs, les nouveaux personnages passent un peu à la trappe, on aurait eu envie d’apprendre à les connaître davantage, surtout Ennui, dont le potentiel comique nous a laissé sur notre faim tant il aurait pu être mieux exploité.


© The Walt Disney Company

Comment fait-on pour garder son âme d’enfant quand l’adolescence vient toquer à notre porte, période où on semble vouloir renier tout ce qu’on a été pour devenir un nouveau moi ? Face à ce bouleversement hormonal, la naïveté des émotions dont l’âge semble immuable va être mise à mal. L’arrivée de la nouvelle team émotions crée un chamboulement très jouissif dans la personnalité de Riley qui semble peu à peu perdre le contrôle. Ses réactions court-circuitent pendant que ses émotions se disputent le pouvoir. Riley suscite beaucoup d’empathie et nous rappelle ces moments parasites où notre petite voix intérieure prend le pas sur notre spontanéité.


Vice-Versa 2 tombe parfois dans un rapport manichéen moins subtil que dans le précédent où joie et tristesse ne pouvaient exister l’une sans l’autre. En effet, ici, Anxiété est le moteur du changement négatif et Joie du changement positif alors que le premier nuançait davantage son propos avec un pan d’émotion qui se complétait plutôt que de se contredire. Néanmoins, le film ne cesse de nous surprendre dans ses revirements de situation


Une suite qui nous a ému·es, nous a fait du bien, a rafraîchi notre regard. Ce film d’animation nous invite à être plus doux avec nous-même, à accepter les fluctuations de nos émotions plutôt que de se laisser envahir par l’une ou l’autre. Un film qui accompagne les adolescent·es dans leur métamorphose, qui peut les aider à se sentir moins seul·es en montrant le côté universel de cette étape de vie inévitable. En bref, un bon vecteur de communication entre les enfants et leurs parents.



RÉALISÉ PAR : KELSEY MANN

AVEC : CHARLOTTE LE BON (Joie), GILLES LELLOUCHE (Colère), MÉLANIE LAURENT (Dégoût), PIERRE NINEY (Peur), MARILOU BERRY (Tristesse), DOROTHÉE POUSSÉO (Anxiété), ADÈLE EXARCHOPOULOS (Ennui), KAYCIE CHASE (Envie), MAXIME HOAREAU (Embarras)

PAYS : ÉTATS-UNIS

SORTIE : 19 JUIN

DURÉE : 100 MINUTES


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