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Berlinale : C'est quoi le rôle essentiel d'Europe Créative Media ?

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

Cela fait désormais dix ans que Stéphanie Leempoels travaille en tant que responsable au bureau Europe Creative Media de la Fédération Wallonie-Bruxelle, le programme de soutien du secteur audiovisuel chapeauté par la Commission européenne. Au micro de Surimpressions, Stéphanie Leempoels nous raconte son quotidien, ses enjeux et ses objectifs. Une contribution aussi importante que méconnue à l’existence du cinéma belge et européen, qui se joue aussi ici, à la Berlinale et au marché du film.


Flow
Flow © Le Parc Distribution

Je suis en quelque sorte un point de relais entre la Commission européenne et les professionnels du secteur audiovisuel et du cinéma en Fédération Wallonie-Bruxelles” débute Stéphanie lorsqu’elle résume son travail. “Mes tâches consistent essentiellement à informer, accompagner et organiser des activités sur les priorités du programme Europe Créative Media. Aussi, j’accompagne gratuitement les candidats qui ont des questions ou souhaitent des conseils pour la rédaction de leur demande de soutien.” Ateliers de formation, séances didactiques, événements propices au réseautage des professionnels : Stéphanie met tout en œuvre pour faire connaître le programme de soutien de la Commission européenne et appuyer les professionnels dans leur processus créatif. 


Il faut dire que le cinéma européen occupe une place privilégiée dans l’éco-système cinématographique mondial. “Selon une étude de l’Observatoire européen de l’audiovisuel, les films européens représentent 31% de la production mondiale de longs métrages mais totalisent 55% des sélections en festivals de catégorie A tels que Berlin, Cannes ou Venise.” explique Stéphanie. Si le cinéma européen est si réputé à l’international, c’est donc avant tout pour sa dimension art et essai, dont le prestige ne cesse de se confirmer d’année en année. Rappelons les triomphes récents d’Anatomie d’une chute, avec sa Palme d’or doublée d’un Oscar du meilleur scénario original, et de Flow et son Oscar du meilleur film d’animation, au nez et à la barbe des mastodontes d’Hollywood. Évidemment, le rôle des programmes de soutien est déterminant dans le financement de ce type de productions. “Cette année, 7 films soutenus par MEDIA totalisent pas moins de 17 nominations aux Oscars. C’est plutôt une belle reconnaissance internationale pour le cinéma européen. [...] On est particulièrement fiers du succès de Flow en 2025.”


Stéphanie Leempoels
Stéphanie Leempoels

Il est particulièrement important pour Creative Media Europe d’avoir une présence et une visibilité au sein du vaste marché du film de Berlin. Le stand Media y assure ainsi une permanence vouée à répondre aux questions des visiteurs et organise des rencontres déterminantes entre producteurs et distributeurs européens. “Chaque année à Berlin, nous avons des réunions entre les Desks (bureaux) Europe Créative et les équipes de la Commission européenne afin d’échanger des informations et des bonnes pratiques. Nous avons aussi d’autres rencontres entre Desks autour d’activités que nous souhaitons organiser ensemble pour faciliter le réseautage européen des professionnels, essentiel pour la mise en place de coproductions notamment. J’assiste aussi à certaines conférences pour rester informée des tendances du secteur, une veille essentielle pour continuer à organiser des activités pertinentes. Bref, avec Cannes, Berlin est l’un des deux rendez-vous professionnels immanquables dans notre agenda”, souligne l’experte, qui sera présente durant toute la durée du marché.


Anatomie d'une chute © Les Films du Losange
Anatomie d'une chute © Les Films du Losange

Quelle place pour le cinéma belge dans tout ça ? Si la production cinématographique de notre plat pays est évidemment loin d’égaler celle de notre voisin français, que ce soit en termes de volume ou de reconnaissance, il ne faudrait pas sous-estimer l’impact des productions belges au sein du septième art. “Pour un petit pays, la Belgique est particulièrement bien représentée dans de nombreux festivals. Nous avons des films sélectionnés quasiment chaque année à Cannes ou dans d’autres grands festivals. C’est loin d’être le cas pour tous les pays européens !” se réjouit Stéphanie. Elle insiste également sur la valeur indéniable de nos producteurs au sein des coproductions, notamment grâce au Tax Shelter, qui permet aux entreprises de réduire leur impôt en investissant dans le secteur audiovisuel belge. Un mécanisme fiscal qui bénéficie à tous les types de productions, du documentaire de création au long métrage de fiction et à la série.


Cette année à la Berlinale, on retrouve pas moins de dix-sept films et séries soutenus par Europe Creative Media, toutes sections confondues. Stéphanie attire notre attention sur quelques perles à ne pas manquer selon elle. “Il y a tout d’abord No Good Men de Shahrbanoo Sadat, qui a fait l'ouverture du festival. Il y a aussi le documentaire belge L’autre côté du soleil de Tawfik Sabouni, sur les prisons syriennes du temps de Bachar al-Assad, produit par Dérives et coproduit par Clin d'œil, ou encore Heysel 85 de Teodora Ana Mihai produit par Menuetto et coproduit par Les Films du Fleuve. Je citerais aussi À voix basse, le 3e long métrage de la cinéaste tunisienne Leyla Bouzid et enfin The Blood Countess de Ulrike Ottinger, un film allemand de genre à l’humour noir avec Isabelle Huppert en tête d’affiche.” Autant de propositions qui devraient encore chanter la singularité du cinéma européen et la nécessité de le soutenir par tous les moyens.


À voix basse © 2025 - Unite
À voix basse © 2025 - Unite

Cet article a été réalisé en collaboration avec Europe Créative Media.

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