Calle Málaga : Un portrait de femme précieux et soigné
- Elli Mastorou

- 16 mars
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 mars
Il y a une délicatesse particulière dans la façon qu’a Maryam Touzani de filmer ses personnages : sa caméra épouse leur regard, leurs mouvements, véhiculant un sens de tendresse et d’attachement.

Dans Adam, le lien entre Lubna Azabal et Nisrine Erradi passe par les mains, notamment dans la façon de malaxer la pâte pour le pain. Dans Le Bleu du Caftan, ce sont les mains là aussi – de Lubna Azabal ou Saleh Bakri, sur les étoffes, ou sur la peau d’un·e partenaire – qui transmettent l’amour et le soin.
On retrouve la même délicatesse dans le portrait de Maria Angeles, héroïne de son nouvel opus Calle Málaga, incarnée avec grâce par Carmen Maura, héroïne d’Almodovar. Touzani et sa directrice photo, la Belge Virginie Surdej, filment avec tendresse cette femme, ses cheveux gris, son regard, sa façon de cuisiner ou de se maquiller.

Forcée de quitter son foyer que sa fille a décidé de vendre, cette Espagnole de Tanger trouvera un moyen ingénieux d’y revenir en squatteuse de sa propre maison. Un retour raconté comme une seconde jeunesse, où Maria Angeles retrouve son quotidien, ses ami-es… et même l’amour, via Abslam l’antiquaire (incarné par Ahmed Boulane). Leur intimité, les baisers et les caresses sur peaux nues et ridées sont des images belles et rares au cinéma. Le scénario souffre de côtés très écrits, qu’on ressent dans les raccourcis narratifs et la relation rêche avec sa fille Clara. Calle Málaga n’en demeure pas moins un portrait de femme précieux et soigné, inspiré de la grand-mère de la cinéaste ; une célébration de la vie, jusque dans ses détails infimes et intimes.
Avec Carmen Maura, Marta Etura, Alfonsa Rosso, Ahmed Boulane, Maroc, 116 minutes.



