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Cannes : Hope, le grand film d’action de la compétition

Dix ans après The Strangers, le cinéaste sud-coréen Na Hong-jin est venu électriser la Compétition avec Hope, une superproduction qui fond les genres sous l'impulsion d'une mise en scène symphonique du chaos. 


Hope de Na Hong-Jin.
Hope © Plus M Entertainement

Cette année à Cannes, les blockbusters américains sont aux abonnés absents. Qu'à cela ne tienne, la Compétition a trouvé en Hope, le film le plus cher de l'histoire du cinéma coréen, le remède idéal : une chasse au monstre féroce et effrénée, en expansion spatio-temporelle constante, bourrée à ras bord d'idées visuelles et sonores dantesques où l'absurdité des hommes mène au carnage. Au sacro-saint héroïsme, notamment hollywoodien, Hope répond par un trivial quasi mystique, poussant le geste jusqu'à rendre son casting de stars internationales (Michael Fassbender, Alicia Vikander, entre autres) méconnaissables en extra-terrestres.


Hope de Na Hong-Jin.
Hope © Plus M Entertainement

En pleine campagne, une vache gît sur une route. Entre le western et l'horreur, en gros plans sur les plaies, l'état d'urgence se confirme. La rumeur évoque un tigre. Le chef de la police (Hwang Jeong-Min), en blouson de cuir, et son lointain cousin, s'engouffrent alors dans une traque à la bête dans les entrailles de la forêt et la ville portuaire de Hope Harbor, à proximité de la zone démilitarisée entre les deux Corée. Les vestiges de la propagande patriotique et la peur d'une attaque du voisin ennemi surgissent furtivement dans le cadre, rappels lancinants d'un mal profond qui anime les habitant.e.s, tou·s·tes armé.es plus que de raison et incapables de faire communauté. Ces figures grotesques s'élancent ainsi dans un bain de sang et de destruction qu'elles extrapolent en croyant l'arrêter au gré d'une course qui déforme et pervertit la perspective.


Une fois identifiée, la nature de la menace - qui fonctionne en trompe-l'oeil avec une déclinaison débridée, révélée plus tard, de l'idiot du village dévoré par l'appât du gain, Na Hong-jin déploie une grosse heure d'action survoltée et galvanisante. Au programme : gestion du hors champ, mouvements de caméra spectaculaires et travellings virevoltants et fluides, comme un élan à propulsion qui pénètre des espaces éviscérés pour revenir inlassablement sur lui-même ; rythmé par un assourdissant concert de fureur d'outre-monde. Cette mise en scène infernale trouve son point d'orgue émotionnel dans la (vraie) rencontre avec le monstre et ses larmes, en miroir inversé de la grossièreté des humains qui jurent comme ils respirent et se massacrent, en mode slapstick, sous couvert de se protéger.


Avec Hwang Jung-min, Zo In-sung, Jung Ho-yeon, Alicia Vikander, Michael Fassbender. Corée du Sud, 160 minutes.

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