GOAT : Rêver plus haut, tomber plus bas
- Kévin Giraud

- il y a 7 heures
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Auréolés par le succès phénoménal de KPop: Demon Hunters, les studios d’animation de Sony reviennent cette semaine avec GOAT : Rêver plus haut. Un long-métrage mêlant basket et symphonie animalière plutôt anecdotique, qui semble plus tenir de l’exercice d’échauffement, voire du film de commande que des propositions artistiques fortes auxquelles nous ont habitué ces équipes.

En cinéma d’animation comme ailleurs, il est une évidence. À force de rêver plus haut, on risque bien de se brûler les ailes.
Au-delà de la pique facile, c’est malgré tout le sentiment qui ressort après l’heure quarante passée aux côtés de Will. Jeune bouc adolescent qui rêve de rejoindre la ligue de Roarball (sorte de basket de rue où s’affrontent les animaux les plus féroces dans des matches brutaux et sans pitié), ce protagoniste sincère mais archétypal peine à porter un scénario convenu d’ascension et de dépassement de soi, dans un univers à la fois chatoyant et désespérément survolé.
Sur un rythme vif, effréné mais sans grande originalité, GOAT nous emmène dans des chemins convenus, sans jamais réussir à nous faire croire à la possible défaite de ses personnages. Là où The First Slam Dunk réussissait à construire brillamment la tension à coups de flashbacks repoussant le dénouement de son affrontement, GOAT se construit (pour le meilleur comme pour le pire) sur une trame de jeu vidéo, aux niveaux tristement insipides.

Côté visuel, et même si comparaison n’est pas raison, le parallèle avec le récent (et plastiquement bluffant) Zootopie 2 est impossible à éviter. Et GOAT paie ici son manque d’ambition ou de budget. Environnements vides, scènes de foules catastrophiques aux airs de plans inachevés et séquences de basket bien trop rares rendent le film visuellement décevant malgré son fort potentiel. Avec, en prime, des placements de produit fort peu subtils, et une approche musicale résolument orientée vers le rap, mais qui peine à s’intégrer pleinement dans le film et rend le ragoût un peu plus indigeste.
Malgré tout, il faut reconnaître à Sony Pictures Animation (et leurs confrères canadiens de Sony Pictures Imageworks) un vrai talent pour la mise en scène, qui donne une belle ampleur aux séquences malheureusement trop fugaces de Roarball. Dans ces moments où le rythme du film s’emballe, il y a de vrais beaux gestes artistiques. Une qualité indéniable, qui renforce la frustration ressentie lorsque le match s’achève déjà, avant même d’avoir pu en comprendre réellement l’enjeu.

Si GOAT n’est pas dénué de bonnes intentions et d’une approche graphique osée à défaut d’être pleinement aboutie, on finit inévitablement à la sortie avec le sentiment d’être face à un produit inachevé. Un film qui n’a définitivement pas les moyens de ses ambitions, ou alors une parenthèse du studio, une rampe de lancement peut-être, avant de s’attaquer au prochain Spider-verse, qu’on espère de meilleure facture.
De Tyree Dillihay et Adam Rosette, avec les voix de Caleb McLaughlin, Gabrielle Union, Stephen Curry. États-Unis, 100 minutes.



