Kinolatino : Antes del cuerpo, un thriller fantastique entre survie et soif de liberté
- Darika Peou
- il y a 8 heures
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Dans le paysage du cinéma argentin, les réalisatrices de cinéma d’horreur se font extrêmement rares. Antes del cuerpo, œuvre inédite signée par le duo Carina Piazza et Lucía Bracelis (La vida tranquila), insuffle un souffle moderne au mythe du vampire, dans une histoire se déroulant dans les marges de de la société.

Ana (Mónica Antonópulos), aide-soignante à domicile, entretient une amitié singulière avec Luis (Patricio Contreras), son patient, un écrivain fantasque en fin de vie. Il lui voue une confiance aveugle et la laisse se servir dans ses affaires, qu’il s’agisse de vêtements ou de livres. En échange, elle le traite d’égal à égal, loin de la distance hiérarchique habituelle entre aidant et aidé. Mais en dehors de ce travail, Ana doit aussi assumer la charge de sa famille : Luca (Bianca Pujía Levy), un adolescent en crise, cherchant désespérément une échappatoire à sa routine où il doit constamment veiller sur sa jeune sœur Elena. Cette dernière souffre d’une condition étrange : des pulsions vampiriques lui conférant une force démesurée pour son âge. La résilience de la mère vacille lorsqu’elle découvre que Luca est sorti plusieurs fois en douce, laissant Elena seule à l’appartement. De plus, la condition de la petite fille ne fait que se dégrader, menaçant dangereusement l’équilibre déjà précaire de la famille.

L’histoire nous happe grâce à ses personnages aussi complexes qu’attachants. Luis, par son franc-parler, apporte une bouffée d’humour bienvenue, notamment lorsqu’il congédie sans ménagement un autre aide-soignant qui se méfie d’Ana. Luca, lui, nous touche lorsqu’il se questionne pour la première fois sur ce qu’il aimerait faire tant son avenir est compromis par une charge étouffante. Quant à Elena, incarnée par une Nayaraq Guevara Páez aussi terrifiante que crédible, elle maintient un suspense constant : on ne sait jamais vers qui se tourneront ses pulsions.

Au-delà du registre horrifique, Antes del cuerpo s’impose comme une œuvre originale qui utilise le mythe du vampire pour mettre en lumière une réalité sociale souvent invisibilisée : celles d’une précarité qui transforme chaque lien en un fragile équilibre entre dépendance et responsabilité.
Avec Mónica Antonópulos, Patricio Contreras, Bianca Pujía Levy, Nayaraq Guevara Páez. 84 minutes, Argentine, 2024.


