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Le Diable s'habille en Prada 2 : Même enfer, nouvelles règles


Vingt ans après avoir claqué la porte de Runway, l’iconique magazine de mode, Andy Sachs (Anne Hathaway) fait son retour. Et forcément, le souvenir est encore vif. Dans Le Diable s’habille en Prada, sorti en 2006, elle jetait son téléphone dans une fontaine, refusant enfin de répondre aux exigences de sa tyrannique patronne Miranda Priestly (Meryl Streep). Un geste libérateur qui clôturait un premier film devenu presque culte, construit sur l’émancipation d’une jeune femme face à un environnement de travail toxique.


Meryl Streep et Stanley Tucci dans Le Diable s'habille en Prada 2.
Le Diable s'habille en Prada 2 © Walt Disney Studios Motion Pictures

La suite ne reprend évidemment pas à cet instant précis. Le temps a passé. Andy est désormais une journaliste reconnue pour un gros média… jusqu’au jour où des coupes budgétaires la laissent sur le carreau. Au même moment, Runway traverse une crise majeure : scandale, menace sur sa réputation, pression des investisseurs. Andy, réputée pour son flair éditorial, est appelée à la rescousse afin de remettre de l’ordre dans cette pagaille.


Le scénario enchaîne alors plusieurs péripéties pour tenter de redorer l’image du magazine, tout en réactivant les dynamiques qui faisaient le sel du premier opus. On retrouve notamment Emily (Emily Blunt), désormais à la tête d’une boutique Dior et devenue un soutien financier clé de Runway. Une position stratégique qui la place, elle aussi, au cœur de la tempête.


Anne Hathaway et Stanley Tucci dans Le Diable s'habille en Prada 2.
Le Diable s'habille en Prada 2 © Walt Disney Studios Motion Pictures

Reste une question qui traverse le début du film : pourquoi Andy accepte-t-elle de revenir  si vite ? Certes, elle est maintenant rédactrice en chef adjointe, mais le cœur du problème demeure. Le premier film racontait précisément sa fuite d’un milieu nocif — et rien, ou presque, n’a changé. Miranda continue de régner avec le même mépris glacial, et le retour d’Andy, un peu précipité, interroge.


C’est pourtant dans cette friction que ce deuxième opus trouve ses meilleurs moments. Car si l’univers de Runway reste fidèle à lui-même — Nigel (Stanley Tucci), toujours irrésistible en directeur artistique, n’a pas bougé d’un pouce —, le monde, lui, a évolué.


Et voir Miranda se heurter à de nouvelles normes est un plaisir inattendu : ses comportements autrefois tolérés sont désormais remis en question, ses caprices moins acceptés. Une scène où elle doit, par exemple, accrocher elle-même son manteau résume parfaitement ce décalage. Le film joue alors habilement sur ce choc des époques, et c’est là sa plus grande force. 


Anne Hathaway, Meryl Streep et Stanley Tucci dans Le Diable s'habille en Prada 2.
Le Diable s'habille en Prada 2 © Walt Disney Studios Motion Picture

Côté nouveautés, l’intrigue s’ouvre aussi à de nouveaux visages, comme le mari de Miranda incarné par Kenneth Branagh, ou une nouvelle romance pour Andy. Mais difficile de parler de Runway sans évoquer la mode : défilés, mannequins, bande-son pop et apparitions de guests (de Lady Gaga à Donatella Versace) viennent nourrir un spectacle toujours aussi glamour


Sans retrouver l’effet de découverte du premier film, cette suite joue donc la carte du plaisir des retrouvailles. Les personnages ont perdu un peu de leur fraîcheur, mais pas leur mordant. Et dans un paysage où les suites peinent souvent à exister, celle-ci a au moins le mérite de renouer avec un univers qu’on n’avait pas vraiment envie de quitter.



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