Ma frère : Plongez dans un camp de vacances haut en couleur
- Raissa Alingabo Yowali M'bilo
- il y a 17 heures
- 2 min de lecture
Le titre Ma frère fait tout de suite sourire, on s’amuse d’un mélange des genres qui bâtardise le langage avec vitalité. Le ton est donné : c’est un film joyeux rythmé par des réparties saillantes.

Dans leur second long-métrage, Lise Akoka et Romane Gueret (Les pires) placent les tourments des adultes et de puissantes adelphités au cœur du brouhaha d’un camp de vacances. Ici, on suit Shaï (Shirel Nataf) et Djeneba (Fanta Kebe), un tandem aussi dissemblable que complémentaire, déjà aperçu dans la websérie Tu préfères ? signée par les mêmes réalisatrices. Si Djeneba semble plus réfléchie face à une Shaï délurée, elles sont toutes deux en proie à des dilemmes importants.
Tandis que les héroïnes basculent tout doucement dans l’âge adulte, on voit les enfants qu’elles accompagnent singer leurs aîné·es avec un amateurisme attachant. Petits chamboulements et grandes émotions parfois indéchiffrables ou inexprimables sont le lot de tous·tes. On se vanne, on pisse au lit, on prend un certain plaisir aux bêtises. On pleure parfois à chaudes larmes aussi. Le film effleure en effet certains sujets difficiles comme les mères abandonnantes, l’emprise, le consentement et l’amour.

La synergie et la prestation incroyable du casting hétéroclite composé d’acteur·ices en herbe et de professionnel·es confirmé·es (comme Idir Azougli, aperçu dans Shéhérazade et Diamant Brut) est savoureuse. Enfants et adultes sont aussi drôles que justes, fins et charismatiques.
C’est un film qui se regarde en pensant au prochain été. Les couleurs vives et estivales, la langue riche et cinglante des quartiers de Paris, la vitalité des personnages, la beauté et les travers de la sororité participent à la réussite de ce film extrêmement réjouissant.
⬛RAÏSSA ALINGABO-YOWALI M'BILO
Avec Shirel Nataf, Fanta Kebe, Idir Azougli, Suzanne De Baecque, Amel Bent. France, 112 minutes.



