On l’appelait Robin des Bois : La rédemption du héros
- Constant Carbonnelle

- il y a 17 heures
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Dernière mise à jour : il y a 4 minutes
Impossible, aujourd’hui, de compter les vies de Robin des Bois au cinéma. Héros populaire issu du folklore anglais, hors-la-loi au grand cœur et défenseur des opprimés, il a été abordé sous une multitude d’angles et incarné de bien des manières : en dessin animé chez Disney, tourné en dérision par Mel Brooks dans Sacré Robin des Bois, revisité par Ridley Scott avec Russell Crowe ou, plus récemment, incarné par Taron Egerton. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Mais cette nouvelle version, signée Michael Sarnoski (Pig, Sans un bruit : Jour 1) change radicalement la donne. Oubliez le héros valeureux et généreux. Robin des Bois, interprété brillamment par Hugh Jackman, est ici vieillissant, hargneux, voire détestable, et surtout hanté par les crimes qu’il a commis. C’est d’ailleurs lors d’une dernière mission que tout bascule. Grièvement blessé, il est recueilli sur une île par sœur Brigid (Jodie Comer) auprès de laquelle il va passer ses derniers instants.

Le film se divise alors en deux parties distinctes. La première voit Robin renouer avec la violence et faire couler beaucoup de sang, au fil de séquences qui rappellent parfois Game of Thrones tant elles sont brutales et crues. Cette intensité, particulièrement maîtrisée, donne même au personnage une dimension quasi monstrueuse. Et rien que pour ça, le détour en vaut la peine.

La seconde partie prend cependant le contrepied. Blessé et confronté à sa propre fin, Robin cherche désormais à se faire pardonner. Il parle, beaucoup, et le film repose alors exclusivement sur ses conversations avec sœur Brigid et d’autres pensionnaires. Un choix déroutant, qui peut sembler verbeux, mais qui permet surtout à Michael Sarnoski de se réapproprier le mythe à sa façon.
Car, finalement, c’est là que le film trouve tout son intérêt : dans ce contraste entre violence extrême et humanité désarmante. Plutôt que de raconter une énième aventure héroïque, le réalisateur s’intéresse à ce qu’il reste d’un héros lorsque la légende s’effondre. Et il livre, avec cette mouture, une étude de la rédemption assez pertinente.



