top of page

Critique de Primetime: Le monstre trop vite démasqué

il y a 6 heures
1 min de lecture

En dressant le portrait de Chris Hansen, animateur de l’émission To Catch a Predator, Lance Oppenheim nous invite dans l’arrière-cuisine nauséabonde du divertissement américain.



Le principe du show est simple : hameçonnés en ligne, des pédophiles qui croient rejoindre une proie mineure chez elle et tombent nez à nez avec le journaliste, qui les confronte avant de les livrer à la police. La scène introductive révèle l’inversion sur laquelle repose le film.


Dans l’obscurité de sa loge, Hansen, cadre serré sur la bouche, énonce les messages envoyés par le déviant du jour. Pris dans l’œil des caméras, ce dernier pénètre à son insu dans l’antre d’un croquemitaine omniscient. À rebours d’un programme se délectant de la détresse des prédateurs, Primetime nous place dans une inconfortable position d’empathie vis-à-vis d’eux. 


PRIMETIME
Primetime ©The Searchers

D’où la sensation de surplace qui s’installe passée cette séquence : en croquant d’emblée Hansen en monstre cathodique, se repaissant du désespoir de ses victimes pour faire grimper l’audience, Oppenheim abat ses cartes trop vite. Il défausse alors l’atout qui aurait pu faire de Primetime l’œuvre dérangeante qu’elle prétend être : l'ambiguïté. Son personnage ainsi caractérisé, incarné avec force grimaces par un Robert Pattinson cabotin, rend caduque le récit d'ascension d’un homme sacrifiant la morale pour le succès. Le cinéaste a beau mobiliser tous les signes de la subversion auteurisante – format 4/3, image vidéo, lumières rouges, bleues, violettes –, personne n’est dupe : même bariolée, la peinture manque de détails et un rapide coup d’œil suffit à s’en faire une idée.



Commentaires


bottom of page