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The Devils et Coyote Vs Acme: même combat ?

il y a 5 heures
2 min de lecture

De prime abord, Coyote Vs Acme et Les Diables ne semblent pas avoir grand-chose en commun, si ce n’est peut-être qu’ils mettent tous les deux en scène un procès. Le premier est ostensiblement destiné à un public familial, réunissant enfants et adultes autour d’une astucieuse histoire de Looney Tunes; le second est un des films les plus sulfureux de l’histoire du cinéma, une plongée horrifique, violente et sexuelle dans l’affaire des possédés de Loudun.


Coyote Vs Acme ©18K Film
Coyote Vs Acme ©18K Film

Ce qui rassemble vraiment les deux longs-métrages est la nature exceptionnelle de leur sortie : leur distribution dans nos salles, à une semaine d’intervalle, tient un peu du miracle. Annoncé pour le 14 octobre, Coyote Vs. Acme et son mélange d’animation et de prises de vue réelles ont failli ne jamais sortir - une sombre histoire d'optimisation financière, dont nous parlons en page 24 de ce numéro. L'œuvre controversée de Ken Russell, réalisée en 1971, a quant à elle traversé mille et unes épreuves pour parvenir jusqu’à nous : banni dans certains pays, censuré dans d’autres, le film est devenu quasi invisible au fil des décennies, et sa version originale un objet de fantasme inatteignable. Mais, bonheur ! Dix ans après la découverte des négatifs originaux, voilà que le film tel que l’a conçu son réalisateur trouve le chemin des salles dans une version restaurée, ce 21 octobre, pour une semaine seulement. 


The Devils
The Devils ©Warner Bros

Dans un cas comme dans l’autre, les deux ont failli disparaître à jamais, victimes d’une réalité de l’industrie cinématographique : celleux qui font les films en contrôlent rarement le sort. Nombreuses sont les œuvres disparues ou prisonnières des coffre-forts d’Hollywood, subissant les velléités de studios, de gouvernements ou des censeurs. La tendance n’est guère nouvelle : en 1929, c’est le chef-d’œuvre muet de Carl Theodor Dreyer, La Passion de Jeanne d’arc (un autre film de procès !), qui a failli être partir en fumée, avant qu’une copie originale ne soit redécouverte en 1981.


The Devils
The Devils ©Warner Bros

Si les parcours de ces films témoignent de l’énorme pouvoir d’institutions peu attachées à la création artistique, ils nous racontent aussi la force de celles et ceux qui se battent pour rendre les films accessibles. Derrière les miracles que constituent ces sorties se cachent une foule de distributeur·rices, restaurateur·ices, archivistes, artistes et autres défenseur·ses de l’art, dont le travail a permis d’arracher certaines œuvres à l’obscurité à laquelle elles avait été condamnées.


Dans ce long mais important chemin,  le rôle de médias comme Surimpressions est d’entretenir la flamme. Il nous paraît essentiel d’accompagner ces œuvres, et de les éclairer de notre regard : familiaux ou choquants, humoristiques ou violents, les films sont faits pour être vus ! 

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