Trois questions à Eddy de Pretto pour Vigilante, son premier film
Pour sa toute première fois au cinéma, Eddy de Pretto a misé sur le thriller belge Vigilante du cinéaste Olivier Pairoux (Spaceboy ).
Vous jouez Morville, un justicier d’un genre nouveau se faisant passer pour une mineure sur le net afin d’y traquer des pédophiles, pour ensuite les exposer publiquement. C’est le sujet qui a attiré votre attention ?
Olivier m'a envoyé le scénario et j’ai dû faire des recherches car je n’y connaissais rien. Pourtant ça fait plusieurs années que des gars font ça, surtout aux États-Unis. Et ça pose question évidemment. Ces mecs font-il un travail nécessaire ou sapent-ils le boulot de la police ? Veut-on réellement que la justice soit rendue par des types via leur téléphone portable ? C'est tentant d'y voir une solution contre la lenteur des institutions mais on a besoin d'un socle commun de société, quitte à le redéfinir constamment. Cette balance entre le cadre procédural et l'anarchie numérique est dure à trouver. On est en pleine recherche de cet équiibre, que ce soit pour le viol, la pédophilie ou le cyberharcèlement.

Vigilante est-il un film de genre ?
Mon personnage est presque construit comme un superhéros. Il porte cet énorme impair de détective et une coupe de cheveux punk qui lui donne un côté foutraque et anti-establishment. Morville veut sauver le monde à sa façon mais c'est aussi un gros fumeur de joints. Et il se sent au centre d'un complot, sans trop savoir qui le malmène. Ce n’est donc pas une mise en scène naturaliste, ni un rôle proche de ma personnalité. Dans ma vie perso comme dans ma carrière musicale, je ne me sens jamais dupe.

On vous verra dans deux autres films dans les mois à venir...
Deux films très différents de Vigilante, même si le sujet de la pédophilie revient dans Badinter. Bastien Bouillon y joue Robert Badinter et moi Patrick Henry, le criminel au centre du procès qui est devenu emblématique du combat contre la peine de mort en France. C'est un homme qui a été détesté par les Français à l'époque et donc un rôle qui m'a mis les frissons. Car comme pour Vigilante, la question du bien et du mal traverse le film mais pas mon approche du personnage. Dans un tout autre registre, je serai dans le film Peau d'homme. C'est une comédie musicale doublée d'une satire sur notre époque. On est en Italie à la fin du XVème siècle, mon personnage accède au pouvoir et revendique la disparition des 'wokes' de la Renaissance. Un peu comme si je jouais un politicien d'extrême droite mais en costume d'époque. Trois films en un an, c'est génial mais je ne sais pas encore si ça va prendre. Comme je dis souvent à mes amis : j'adore le cinéma mais le cinéma va-t-il m'adorer ? Peut-être que tout le monde va dire que je suis une merde, ou alors que c'est super et qu'il faut me rappeler. On verra ça l'année prochaine !




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