Un public fidèle pour le Ramdam : "Ici, on ne consomme pas le cinéma traditionnellement"
- Constant Carbonnelle
- 24 janv.
- 3 min de lecture
Depuis le 16 janvier, la ville de Tournai vibre au rythme du Ramdam Festival, qui célèbre cette année sa 16e édition. Dix jours de projections au cinéma Imagix offrent aux spectateurs une sélection audacieuse de fictions internationales, documentaires et courts métrages, tous choisis pour leur capacité à questionner le monde et éveiller l’esprit.

Qu’en pense le public ?
À mi-parcours, le festival confirme la fidélité de son public. Chantal, venue depuis la première édition, confie : « Ce que j’aime au Ramdam, ce sont les documentaires et les films en prise avec l’actualité. Ils nous poussent à réfléchir et parfois à nous engager. Même si certains films sont difficiles, c’est important pour ne pas rester dans nos idées reçues. » Pour Anouk, habituée depuis le début, le festival est avant tout un lieu d’ouverture : « Je viens ici parce qu’on découvre des films d’autres pays et des documentaires qu’on ne voit nulle part ailleurs. Et puis on échange avec les gens après les séances. Ici, on ne consomme pas le cinéma traditionnellement : on le consomme intelligemment. »
Monique ajoute : « J’aime être dérangée. Ce sont des films politiques, sociaux, parfois choquants… Mais ce sont justement ces films-là qui font réfléchir. Le Ramdam est donc nécessaire. »
Pierre, fidèle à l’esprit du festival, résume : « Ce que j’apprécie ici, c’est qu’on ne vient pas juste pour s’évader. On sort de la salle avec plus de questions qu’on n’en avait en entrant. Et ça, pour moi, c’est le vrai cinéma. »
Une programmation toujours riche et variée

Cette semaine encore, la programmation illustre toute la diversité du festival. Maspalomas, drame espagnol de Aitor Arregi et José Mari Goenaga, explore l’identité d’un vieil homme confronté aux pressions de sa famille après un AVC, offrant un regard drôle et sensible sur l’acceptation de soi et le poids des conventions sociales.
Pour un public plus jeune (et pas seulement), Christy de Brendan Canty raconte le parcours d’un adolescent irlandais reconnectant avec sa communauté et sa propre histoire, un coming-of-age bouleversant récompensé à la Berlinale l’année passée.
Autre temps fort de la semaine, Omaha, road-movie bouleversant signé Cole Webley, explore les liens familiaux face à l’adversité : après une tragédie, un père entraîne ses deux enfants dans un périple à travers l’Amérique, mêlant espoir et survie. Enfin, l’Italie sera représentée par La Grazia, le nouveau film attendu de Paolo Sorrentino, drame moral centré sur un président vieillissant faisant face à des décisions impossibles en fin de mandat. Une œuvre poétique et politique présentée à la Mostra de Venise en septembre dernier.
Les documentaires, eux aussi, continuent de susciter débats et échanges. Wider Than the Sky de Valerio Jalongo, présenté en début de semaine, s’aventure au‑delà des mythes de l’intelligence artificielle pour interroger ce que sentir et penser peuvent signifier dans un monde de machines.

Sanatorium, premier long métrage documentaire de Gar O’Rourke, offre quant à lui une plongée singulière dans la vie quotidienne du Kuyalnik Sanatorium, un ancien centre de soins soviétique près d’Odesa où des visiteurs cherchent guérison et liens humains malgré le contexte de guerre qui entoure l’établissement.
Alors que le festival se poursuit jusqu’au 26 janvier, le public continue de répondre présent, curieux, engagé et prêt à être interpellé par des films qui dérangent autant qu’ils enrichissent. Après 16 ans, le Ramdam Festival confirme donc qu’il reste un rendez-vous unique où le cinéma rapproche, fait réfléchir… et donne envie de débattre.



