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Alauda Ruiz de Azúa pour Los Domingos : "Le film interroge deux institutions : la famille et la religion."

Rencontre avec l'Espagnole Alauda Ruiz de Azúa, réalisatrice de Los Domingos qui aborde avec douceur et retenue la question de la foi, entre rituels dominicaux et tensions familiales.


Los Domingos.
Los Domingos © Cherry Pickers

Le personnage d’Ainara parle peu mais reste très sûr d’elle. Comment avez-vous travaillé cet aspect avec l’actrice Blanca Soroa ?


Je suis parti de témoignages de jeunes filles ayant traversé des expériences similaires. Ce qui revenait souvent, c’était un sentiment d’amour très fort, très sincère. Avec Blanca, qui n’est pas croyante, on a donc cherché des équivalents humains à cette foi : l’intensité du sentiment amoureux, le besoin d’appartenance. On a aussi beaucoup travaillé sur ce que le personnage ne dit pas. Ces jeunes filles se sentaient souvent jugées, incomprises, et finissaient par garder leur foi ou leurs émotions pour elles.


Los Domingos.
Los Domingos © Cherry Pickers

Les scènes de repas sont centrales. Pourquoi ?


En réalité, le film interroge deux institutions : la famille et la religion. Les repas du dimanche représentent une forme de rituel familial, idéalisé, où tout le monde fait semblant que tout va bien. Mais sous cette surface, les tensions sont bien présentes, le dialogue réel manque. Au fil du film, ce rituel devient de plus en plus fragile. Ce qui m’intéressait, c’était cette idée d’une famille capable de se réunir chaque semaine, mais où les liens affectifs sont déjà en train de se fissurer.


Était-il important que la famille ne soit pas pensée comme l’antagoniste du film ?


Je ne l’ai jamais pensée comme tel car, ce que je voulais traiter, c’était plutôt la dimension tragique de cette famille. Chacun agit avec ses raisons, ses intentions, et pourtant l’amour ne suffit pas à empêcher la rupture.



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