Alpha : Un drame père-fils en altitude
- Julien Del Percio

- il y a 2 jours
- 1 min de lecture
Les premières images d’Alpha. nous donnent à voir une série de vastes panoramas montagnards, à la fois splendides, vertigineux et un peu inquiétants. Allongé entre deux flancs de collines, Rein contemple le territoire enneigé avec quiétude, en harmonie avec son environnement. Une sérénité qui va voler en éclat en une seconde, lorsque son père lui annonce sa visite imminente.

Quel rapport entretiennent les deux hommes ? Si la figure paternelle semble dans un premier temps affable et bienveillante, le malaise ne tarde pas à s’insinuer dans les échanges. Très rapidement, il est évident que l'arrivée de Rein dans les Alpes suisses tient davantage d’un exil soudain que d’un vrai choix de vie, tandis qu’on apprend le décès douloureux de sa mère survenu il y a quelques mois. Mais plus étrange encore, le père paraît s'accommoder de ce drame, avouant déjà entretenir une liaison avec une autre femme.
C’est lors de ces moments d’étrangeté et de tension sous-jacente que le cinéaste Jan-Willem van Ewijk démontre son talent, à la fois dans l’écriture, précise et froide, que dans le dispositif, dont les cadres ne cessent d’isoler Rein. Par la suite, le drame père-fils se mute en survival en milieu hostile, alors que les deux hommes s’égarent dans la montagne. Là, Alpha. perd un peu en finesse et met à l’épreuve ses personnages de manière plus artificielle, avant une conclusion suspendue qui laisse songeur.
Avec Reinout Scholten van Aschat, Gijs Scholten van Aschat. Pays-Bas, 105 minutes.



