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Cannes : Autofiction, Almodóvar tourne en rond

De retour pour la septième fois en compétition au festival de Cannes, Pedro Almodóvar nous sert un bon plat réchauffé.



Une belle femme névrosée porte avec élégance un joli manteau rouge vif. Parfois, c’est un joli pull bleu, ou un joli chemisier jaune moutarde. Cette femme, Elsa, est en fait l’héroïne d’une fiction, concotée par un cinéaste en manque d’inspiration nommé Raùl. Nous voilà donc dans une histoire dans l’histoire, rythmée par les jeux de double, les disputes et les violons mélodramatiques d’Alberto Iglesias, le fidèle compositeur d’Almodovar. 


Autofiction.
Autofiction © Alternative Films

Si le pitch vous semble légèrement familier, c’est parce qu’il est. Après un détour en langue anglaise (réussi puisque La chambre d’à côté lui a valu le Lion d’or à la Mostra), ou encore un récit plus personnel avec Douleur et Gloire, Almodovar revient en terrain connu. Pour sa septième entrée en compétition à Cannes, le cinéaste espagnol livre un récit entre deux temporalités sur l’amour, le deuil et la création. 


Autofiction.
Autofiction © Alternative Films

Cela va sans dire, la direction artistique est toujours aussi soignée, les gardes-robes et les décors parfaitement accordés, et l’on se laisse aisément porter par la structure ludique de ces différents récits enchevêtrés. On retrouve les têtes connues du Almodoverse : Rossy de Palma, Leonardo Sbaraglia, Aitana Sánchez-Gijón, ou encore l’incandescente Victoria Luengo, ici dans un rôle secondaire, mais peut-être bientôt primée pour son rôle dans l’autre film espagnol de la compétition, El Ser Querido de Rodrigo Sorogoyen.


Certes, cette autofiction fait aussi office d’autocritique, particulièrement cinglante dans le derniers tiers du film: elle dépeint un cinéaste qui délaisse ses proches pour ne faire que se répéter créativement, suggère que ses meilleurs films sont derrière lui et qu’il ferait mieux de refourguer ses mauvais brouillons à Netflix ou d’aller recevoir un hommage dans un festival de cinéma qatari pour 200.000 euros la journée. Malheureusement, ce soupçon de satire introspective ne fait qu’effleurer la surface, dans un film qui n’ose finalement jamais s’éloigner de la zone de confort de l’artiste espagnol. L’acceptation, c’est déjà la moitié du chemin ?



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