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Cannes : Rencontre avec Valentina Maurel pour Ton Animal maternel

Après l’abrasif Tengo Suenos Eléctricos, Valentina Maurel revient avec un nouveau film belge tourné au Costa Rica, sélectionné à Un Certain Regard.


À jamais ton animal maternel de Valentina Maurel.
Ton Animal maternel © Cinéart

Elsa, partie étudier à Bruxelles, revient dans son Costa Rica natal. Le récit d’Animal Maternel est inspiré de votre propre vie ?


Oui bien sûr - mais pas entièrement. Comme dans mon film précédent, Tengo Sueños Eléctricos, qui s'inspirait également d'éléments de ma vie, sans être autobiographique. L'élément majeur qui vient de mon vécu est l'inspiration pour Elsa, l'héroïne du film, qui après être partie étudier en Europe, revient au Costa Rica. A travers ce personnage, je voulais parler de la difficulté de se sentir étrangère dans son propre pays. Soudain, on adopte l'idée que l'Europe est le centre du monde - et c'est un problème, quand l'endroit d'où vous venez vous semble comme un lieu périphérique. En Amérique Latine, si vous venez de la classe moyenne ou de la bourgeoisie, il n'y a qu'une façon de réussir, et c'est d'avoir une relation avec l'Europe, l'Occident. Si tu fais l'inverse, on te traite de fou. Cela dit, ma mère veut que vous sachiez qu’elle ne ressemble pas du tout au personnage de la mère dans le film (rire). D'abord parce qu'elle ne fume pas, et ensuite parce qu'elle a une relation plutôt joyeuse avec la maternité. Mais je suis devenue mère pendant l'écriture du scénario, donc j'ai mis toutes mes angoisses de la page blanche et ma peur d'arrêter de faire des films dans ce personnage.


À jamais ton animal maternel de Valentina Maurel.
À jamais ton animal maternel © Cinéart

Le film est tourné au Costa Rica, mais c'est (aussi) un film belge...


Oui, c'est un film belge d'un point de vue de la production. Le tournage s'est fait au Costa Rica, c'était très "punk", avec une équipe réduite, mais ensuite toute la post-production a été réalisée en Belgique. L'équipe son, très professionnelle et composée uniquement de femmes, a fait un merveilleux travail sur le film. Cependant elles ont "réinterprété" le bruit des voitures, et ça sonnait plutôt comme des voitures belges (rires). Donc j’ai dit : non, ça ne va pas. Alors a remis le bruit des klaxons d'origine (rires). 


Si vous deviez donner un conseil à Elsa ?


De lâcher prise. Ce n'est pas facile, et puis qui suis-je pour conseiller les autres...  Mais bien sûr, comme le personnage est un peu comme moi, c'est moi-même que je conseille, au fond. Donc je dirais oui, lâche prise, accepte les gens tels qu’ils sont. Accepte aussi que le chemin que quelqu'un prend pour trouver sa propre liberté peut te sembler étrange, mais c'est le sien. Tu ne peux pas apprendre à quelqu'un comment être heureux. Ou même plus féministe, ou plus rationnel, ou quoi que ce soit. Chacun doit trouver son propre chemin. Même si c'est dans le sens opposé de celui qu'on attend de lui


Avec Sol Carballo, Paulina Bernini, Juliana Filloy, Andrés Madrigal. Costa Rica/Belgique, 95 minutes.

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