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Critique "Hope" : Le blockbuster furieux venu de Corée du Sud

il y a 9 minutes
2 min de lecture

Dix ans après le choc The Strangers, le réalisateur sud-coréen Na Hong-jin revient avec le très attendu Hope, une superproduction électrisante qui fond les genres sous l'impulsion d'une mise en scène symphonique du chaos. 



Face aux blockbusters américains qui ronronnent en panne d’inventivité, Hope, le film le plus coûteux de l'histoire du cinéma coréen, s’impose comme un antidote réjouissant : une chasse au monstre féroce et effrénée, en expansion spatio-temporelle constante, bourrée à ras bord d’idées visuelles et sonores dantesques, où l'absurdité des hommes mène au carnage. Au sacro-saint héroïsme, notamment hollywoodien, Hope répond par un trivial quasi mystique, poussant le geste jusqu'à rendre ses stars internationales (Alicia Vikander, Michael Fassbender, Taylor Russell) méconnaissables. 


Hope
Hope © Universal

En pleine campagne, une vache gît sur une route. Entre le western et l'horreur, en plans serrés sur les plaies, l'état d'urgence se confirme à Hope Harbor, une ville portuaire à proximité de la zone coréenne démilitarisée. La rumeur évoque d’abord un tigre. Le chef de la police (Hwang Jeong-Min), en blouson de cuir, et son lointain cousin (Zo In-sung) s’engagent alors dans une traque à la bête aux quatre coins de la bourgade et de sa forêt. Les vestiges de la propagande patriotique et la peur d'une offensive du voisin ennemi surgissent furtivement au sein du cadre, rappels lancinants d'un mal profond qui anime les habitant·es, tou·s·tes armé·es plus que de raison et incapables de faire communauté. Ces figures souvent grotesques s’engouffrent ainsi dans un bain de sang et de destruction qu'elles extrapolent, en croyant l'arrêter, au gré d'une course qui déforme et pervertit le point de vue entre l’attaquant et sa victime. 


Hope
Hope © Universal

Une fois la nature de la menace identifiée, Na Hong-jin déploie une bonne heure d'action survoltée et galvanisante. Au programme : gestion du hors champ, mouvements de caméra spectaculaires et travellings virevoltants et fluides, tel un élan à propulsion qui pénètre des espaces éviscérés pour revenir inlassablement sur lui-même ; rythmé par un assourdissant concert de fureur d'outre-monde. Cette esthétique infernale trouve son apogée émotionnel dans la (vraie) rencontre avec le monstre et ses larmes, en miroir inversé de la grossièreté des humains qui jurent comme ils respirent et (se) massacrent, en mode slapstick, sous couvert de se protéger.


Hope
Hope © Universal

Sur ses 2h40 de cavalcade folle au plaisir communicatif, néanmoins pas exemptes d'essoufflements et de longueurs, Hope se métamorphose sans cesse, oscillant entre l'épouvante, la comédie grand-guignolesque tendance scatophile, qui tire sur la corde du mauvais goût, et la science-fiction. L'élargissement des frontières (dans tous les sens du terme) de sa mythologie tient ses promesses jusqu'à un final, en numérique agressif plutôt désagréable, qui aurait gagnée



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