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Critique “Le Mystère Lucy Lost” : Le bonheur de l’enfance face à l’Histoire

il y a 7 heures
2 min de lecture

Avec Le Mystère Lucy Lost, déjà admiré au festival de Cannes et à celui d’Annecy, Olivier Clert signe un premier long-métrage d’une rare puissance, où l’Histoire rencontre l’enfance avec fracas. Un film où les émotions s’entrechoquent alors que se dénouent les mystères d’une intrigue bien ficelée, et où l’on passe d’un sentiment à l’autre au gré de sublimes coups de pinceaux.



Parfois, il suffit d’un plan pour tout changer. Un de ces moments iconiques qui font passer certains films du statut d’œuvre parmi les autres à une expérience gravée dans la mémoire, inoubliable. 


Dans Le Mystère Lucy Lost, c’est non seulement sa beauté simple mais aussi le temps long du récit qui permet à ce plan particulier de prendre tout son sens, renforçant l’impact émotionnel de cette puissante histoire d’amitié avec la guerre en toile de fond. Car si l’on comprend rapidement le sentiment d’anomalie ressenti par Lucy, étrangère parmi les siens et dont les dons extraordinaires ainsi que l’étrange chevelure blanche suscitent la méfiance des gens de son village, il faut connaître l’issue de cette histoire tragique pour saisir l’ampleur de ce qui se trame.


Le mystère Lucy Lost
Le mystère Lucy Lost © LeParc Distribution

Sans trop en révéler ici, c’est autour d’un fait divers qui deviendra charnière de l’Histoire avec un grand H que se construit ce Mystère Lucy Lost, qui mélange habilement un récit insulaire d’époque à hauteur d’enfant avec des préoccupations bien plus actuelles qui traversent tant les plus jeunes que leurs parents aujourd’hui.


Une belle histoire où Olivier Clert, qui adapte le best-seller britannique “Listen to the Moon” de Michael Morpurgo pour son premier long-métrage, se joue de notre curiosité et de nos idées préconçues, sans avoir peur ni des mots, ni des émotions.


Le mystère Lucy Lost
Le mystère Lucy Lost © LeParc Distribution

Un film que l’on sent pétri par les nombreuses expériences de son réalisateur de chaque côté de l’Atlantique (Klaus, Amélie et la métaphysique des tubes, Le petit prince), et qui s’inspire sans les singer des plus belles productions japonaises et américaines des années 1990.  Si, dans sa bande son parfois trop empathique, Lucy Lost glisse dans les travers de ses propres influences, la vraie force du film est d’être un espace où les émotions se bousculent, nous bousculent même.


À l’heure des longs-métrages jeunesse qui semblent lutter pour conserver notre attention à la manière d’un film de plateforme, Lucy Lost réussit à nous faire rire et pleurer tour à tour, à nous émerveiller ou à nous tétaniser devant la dureté d’un monde pas si éloigné du nôtre. À coups de séquences brillamment mises en scène, mais aussi par la beauté simple de certains plans, ou par la force de ces phrases délivrées par deux gamines parfaitement doublées. 


Une véritable expérience transformative, de ces films que l’on voit enfant et qui nous accompagnent notre vie entière. 




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