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Ethan Hawke pour "Les Contrebandiers" : «Peut-être que le public y verra un écho à la frustration démocrate actuelle ?»

il y a 11 minutes
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Ethan Hawke porte tout le poids du monde sur ses épaules dans Les Contrebandiers (The Weight en anglais), un thriller survivaliste nous plongeant dans le désarroi de la Grande Dépression. Le film suit un groupe de bagnards servant de mules pour le transport secret de lingots d'or dans une nature hostile. Une aventure brutale magnifiée par le montage inspiré du réalisateur Padraic McKinley, à découvrir en salles à partir du 28 octobre.


Le titre anglais The Weight évoque un poids sur les épaules mais il ne s'agit pas que de l'or que vous portez dans vos sacs…


On suit quatre détenus, tous précarisés à leur façon par la Grande Dépression, et chargés comme des mules pour transporter de l'or d'un côté d'une montagne à l'autre. Le titre évoque aussi le poids de la paternité car mon personnage est prêt à tout pour réduire sa peine de prison et sortir sa fille de l'orphelinat. Si on élabore, ça parle aussi du poids de l'intégrité dans une période liberticide. Comment tenir une promesse quand le contexte économique et politique nous réduit à nos plus bas instincts ? 


Les Contrebandiers
Les Contrebandiers © The Searchers

Les personnages parlent à plusieurs reprises de socialisme. Le film déconstruit-il le rêve américain ?


Ce que j'aime avec les films d'époque, c'est qu'ils sont très efficaces pour sortir les spectateur·ices de leurs suppositions, comme l’association à une couleur politique par exemple. Prenez la scène où ces hommes que tout oppose se mettent à parler du New Deal de Roosevelt. On voit des hommes en colère contre leur président. Peut-être que le public y verra un écho à la frustration démocrate face au président actuel ? À moins qu'il n'y voie une mise en garde contre le fédéralisme ? Cela dit, le film met bel et bien en lumière la façon dont ces quatre pauvres gars sont exploités par des gens plus fortunés. Il montre aussi la stupidité du racisme. Ce sont des faits, peu importe où vous vous placez dans la salle ou sur le spectre politique. Une de mes répliques favorites du film est la citation de Mark Twain : « Si vous mettez des fourmis rouges et noires dans un bocal en verre, elles cohabiteront sans soucis. Si vous secouez le bocal, elles s'entretueront ». Je crois que la question la plus pertinente à se poser, c'est de savoir qui secoue le bocal.


Les Contrebandiers
Les Contrebandiers © The Searchers

Le montage de Padraic McKinley, le réalisateur, est à la fois sobre et original. Son ambition formelle vous a-t-elle sauté aux yeux pendant le tournage ?


J'ai rencontré Padraic sur ma série The Good Lord Bird dont il a justement assuré le montage. Il ne m'a pas fallu longtemps pour constater que son talent de monteur était sans pareil. Je me suis dit qu'il fallait que ce mec réalise un film et que j'avais envie d'être dedans. The Weight est une véritable victoire si on pense au budget. On n'avait que très peu d'argent, on a dû tourner en Allemagne alors que le film se déroule en Oregon, mais les gens ne le remarquent pas car les idées de Padraic prennent le dessus. Des idées simples exécutées avec bon goût, autrement dit la base de tout bon film. Cerise sur le gâteau, Padraic adore parler de son métier. Sa créativité est tellement tangible qu'on ne peut que vouloir le suivre. Je savais qu'il rendrait les scènes d'action viscérales et que les seconds rôles seraient bien castés et dirigés. Sans parler du ton. C'est à ça, je pense, que l'on reconnaît un bon cinéaste. Au fait que toutes ses idées convergent vers un film cohérent. 



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