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Festival des libertés : Les enjeux du festival - Rencontre avec les programmateurs de cette 20e édition

il y a 6 heures
3 min de lecture

Du 8 au 17 octobre 2026, le Festival des Libertés investit le Théâtre National Wallonie-Bruxelles pour dix jours mêlant cinéma, théâtre, musique, débats et arts visuels. Nous avons rencontré Flora et Olivier , membres de l'équipe de programmation, pour évoquer les enjeux d'un festival pensé comme un espace de dialogue autant que de création. Les reponses ci-dessous sont une synthèse des propos des deux intervenant·es.


Festival des libertés
 ©Festival des libertés

Qu'est-ce que cette approche pluridisciplinaire permet de dire sur les questions de société qu'un festival de cinéma seul ne pourrait pas forcément exprimer ?

Ce sont des points d'accroche différents pour des publics différents. Cela permet de se retrouver et de se croiser, quel que soit l'âge ou le profil de chacun.


Le festival veut montrer l'état des droits et des libertés dans le monde. Quels critères utilisez-vous pour choisir les sujets et les œuvres qui composent la programmation ?

Les droits et la liberté sont des sujets vastes, et le festival aborde aussi l'émancipation et la laïcité, d'ailleurs, c'est l'association Bruxelles Laïque qui organise l'événement. Cette année, le fil rouge est « Stupeur et soulèvement » : comment les gens se manifestent face aux zones de non-droit et de non-liberté, et comment représenter les peuples qui y vivent. Le festival est humaniste : il a pour but de représenter tous les humains et de questionner le monde.


Le documentaire, par exemple, vient complexifier les regards trop tranchés : on peut suivre des talibans et montrer qu'ils sont eux aussi des humains. Les débats, eux, ont pour but d'ouvrir un dialogue entre des personnes qui, normalement, ne se parleraient pas — de décentrer notre avis, de sortir de notre microcosme, et de dépasser cette vision binaire des sujets mis en avant. Les angles peuvent être différents, mais chaque humain reste semblable.


The Lions by the River Tigris
The Lions by the River Tigris ©Festival des libertés

La programmation documentaire aborde des sujets particulièrement sensibles : guerres, répression politique, réseaux sociaux, exil, militantisme... Comment se fait le choix des films, et quelles qualités recherchez-vous au-delà de leur sujet ?

La sélection se fait à trois. On voit tous les films, puis on en discute ensemble, car on ne les perçoit pas tous de la même manière. Parfois, on a l'impression de ne pas avoir vu le même film. On ne donne pas nécessairement la priorité à la forme : pour nous, le fond doit servir la forme. On ne privilégie pas le montage ou l'image, mais ce que tout cela va provoquer chez les spectateurs.


The Longer You Bleed
The Longer You Bleed©Festival des libertés

Le Festival des Libertés ne se contente pas de montrer des films : plusieurs projections sont accompagnées de rencontres et de débats. Quelle importance accordez-vous à ce moment d'échange avec le public ?

Le débat permet un libre examen des œuvres, un apport qui nourrit la réflexion du spectateur une fois qu'il quitte le festival. Cela permet aussi de revenir sur des certitudes et de sortir des idées figées. Les projections informent, pour mieux remettre en question ; les débats offrent une zone de dialogue libre.


Molly vs The Machines
Molly vs The Machines ©Festival des libertés

Le festival revendique une dimension à la fois « festive et subversive ». Comment concevez-vous cette tension entre la gravité des sujets abordés et la volonté de créer un événement culturel, collectif et festif ?

C'est l'un des points les plus importants. Ça permet de traverser différentes émotions en collectif, de parler des difficultés du monde sans pour autant s'en trouver arraché — et c'est précisément ça qui relève de l'humanité : faire face et échanger en communauté. On attend aussi beaucoup de l'informel, qui permet un autre style de discussion.


JPATTERSSON ©Alexander Fricke
JPATTERSSON ©Alexander Fricke

Après plusieurs décennies d'existence, comment voyez-vous évoluer la fonction du Festival des Libertés ? Est-ce que les préoccupations du public ont changé, et cela influence-t-il votre manière de programmer ?

La communication du festival a changé, tout comme la manière de traiter certains sujets — sortir de son smartphone un sujet lourd, parfois trop simplifié, c'est à la fois le meilleur et le pire de notre époque. Mais les gens continuent de venir, même si cela complexifie l'approche. On s'est par exemple posé la question de quelle plateforme utiliser pour rester éthique : on part du principe qu'il faut privilégier le média qui touche le plus de monde possible pour parler au plus grand nombre, donc on est exclusivement sur Meta, pas sur TikTok ni X.


Le mot de la fin ?

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