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Imago : le film d'ouverture du festival En Ville !

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

“Dans la nature, il existe certains insectes dont le dernier stade de développement larvaire s’appelle ainsi. Il s’agit de la larve adulte. Parfois elles ne se développent pas et restent petites comme avant.” Imago, c’est le nom de ce dernier stade et le récit d’un homme qui a choisi de rester libre en poursuivant ses rêves.


© Imago, Festival En Ville !
© Imago, Festival En Ville !

En direction de la vallée de Pankissi, le réalisateur Déni Oumar Pitsaev écoute son cousin lui annoncer d’ores et déjà la couleur : “Oumar, ici tu vas trouver une fiancée. Tu vas construire une maison et tu vas venir vivre parmi les tiens. Tu vas venir te reposer. Ici les traditions tchétchènes sont bien conservées.” 


Déni ne répond rien. Il sait pertinemment que toute sa famille, surtout sa mère, n’attend qu’une seule chose : son mariage. Mais lui, à 40 ans passés, veut seulement réaliser son rêve d’enfant : construire une cabane dans les arbres. Celle-ci prendra la forme d’une petite maison perchée à laquelle on accède via un long escalier en spirale métallique. Cette étrange architecture de “Baba Yaga moderne” en fait sourire plus d’un·e. On lui dit qu’il passera pour un fou et qu’il changera d’avis lorsqu’il aura fondé sa propre famille. Comme l’affirme son père : “Pour un vrai Tchétchène ce n’est pas un logement. C’est seulement un endroit pour s’isoler.” 


© Imago, Festival En Ville !
© Imago, Festival En Ville !

Tout le film évoluera autour d’un clash entre deux visions : d’un côté, Déni Oumar qui souhaite rester fidèle à lui-même en étant célibataire et en construisant une maison peu conventionnelle, tandis que sa famille insiste pour qu’il vive selon les traditions tchétchènes : perpétuer la lignée et construire une maison où il logera toute sa famille. Le réalisateur alterne entre des plans rapprochés, qui font que nous spectateur·ices sommes inclu·ses dans les conversations à la tablée, et des plans larges qui nous permettent de respirer en contemplant les paysages de la vallée. 


La caméra s’attarde avec soin sur chaque groupe de personnes rencontrées. Parfois, Déni lui-même se fond complètement dans le décor : on le remarque à peine lorsqu’il est assis parmi un groupe de jeunes qui jouent au foot. 


© Imago, Festival En Ville !
© Imago, Festival En Ville !

Cette mise en scène, pas seulement centrée sur le réalisateur, permet aussi d’avoir des réactions naturelles, ajoutant à l’authenticité de ce documentaire : les jeunes garçons qui posent des questions sur son film et ses origines, sa mère qui ne sait pas où regarder lorsque la caméra tourne. Les bouts d’histoires partagés au fil des rencontres sont également très touchants. Même si elles sont ancrées dans le contexte du peuple tchétchène, elles arrivent à avoir une portée universelle : reconstruire sa vie après la guerre, des rêves laissés en suspens à cause du devoir familial, un débat sur la notion de liberté.


Pitsaev nous emmène donc avec lui, à la découverte de la Géorgie, où il n’a pas peur d’être lui-même et d’interagir avec tout le monde. On en découvre également davantage sur son histoire personnelle à travers des discussions intimes, parfois houleuses mais touchantes.

Un film authentique et sincère qui touchera certainement les familles déracinées et leurs descendant·es qui vivent entre plusieurs cultures. 


  

Avec Déni Oumar Pitsaev, Daoud Margoshvili, Temo Tcintcalashvili, Malika Tcintcalashvili, Khalimat Pitsaeva, 109 minutes. France, Belgique, 2025.


Pour plus d'infos sur le programme En Ville ! cliquez ici : https://festivalenville.be/spip.php?page=agenda

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